5 juin 2017

Tout s'explique

Les élections britanniques ébranlées par les attentats

Où en est l’enquête sur le nouvel attentat de Londres ?

Un attentat a frappé Londres samedi soir, vers 23h, faisant au moins sept morts, dont un Français, et 48 blessés. Trois terroristes ont foncé dans la foule avec une camionnette sur le London Bridge puis ont poignardé des passants à Borough Market, avant d’être abattus par la police. Le groupe État islamique a revendiqué l’attentat hier soir. La Première ministre Theresa May a confirmé que les assaillants étaient identifiés, mais leur identité n’a pas encore été dévoilée. Plusieurs perquisitions, dont celle du logement de l’un d’eux, ont eu lieu hier à Barking, une banlieue à l’est de Londres, et douze personnes ont été arrêtées. Les partis ont décidé hier de suspendre pour une journée la campagne des élections législatives prévues jeudi.

Comment ont réagi les chefs de file des partis ?

La Première ministre conservatrice Theresa May a appelé hier matin à une lutte accrue contre la radicalisation sur Internet et à un renforcement des actions militaires pour détruire le groupe État islamique en Irak et en Syrie. « Nous faisons face à une menace d’un nouveau genre, car le terrorisme nourrit le terrorisme », a-t-elle déclaré, faisant référence aux deux autres attentats dont le Royaume-Uni a été victime le 22 mars à Londres et le 22 mai à Manchester. « Il y a trop de tolérance à l’égard de l’extrémisme dans notre pays », a-t-elle estimé. Son adversaire principal, le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn, a appelé cet après-midi la Première ministre à la démission, lui reprochant à nouveau d’avoir supprimé près de 20 000 postes de policiers de 2010 à 2016, alors qu’elle était secrétaire d’État à l’Intérieur.

Une campagne électorale a-t-elle déjà été perturbée par des attentats ?

Les trois attaques survenues en moins de trois mois au Royaume-Uni pèsent sur la campagne des législatives. En France, un attentat était commis sur les Champs-Élysées le 20 avril, provoquant la mort d’un policier, trois jours avant le premier tour de l’élection présidentielle. En 2004, des attentats faisant 191 morts étaient survenus à Madrid dans des trains de banlieue, trois jours avant les élections législatives. Alors que plusieurs indices laissaient supposer une responsabilité d’Al-Qaïda (un communiqué, une cassette audio reprenant des versets du Coran), le gouvernement conservateur avait concentré ses soupçons sur l’organisation séparatiste basque ETA. Lors de plusieurs manifestations, certains mots d’ordre exigeaient que soit connue « la vérité avant de voter ». Le parti socialiste, qui ne faisait pas figure de favori, est finalement sorti vainqueur des élections.