9 juin 2017

Tout s'explique

Pas de majorité au Royaume-Uni après les législatives

Quel est le résultat des élections législatives ?

Les électeurs britanniques étaient appelés à voter hier lors d’élections législatives anticipées, convoquées par la Première ministre Theresa May mi-avril. Alors qu’elle cherchait de cette façon à renforcer sa majorité à la Chambre des communes pour mener à bien le processus de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, le Parti conservateur a perdu des sièges. Il arrive en tête, mais passe de 331 à 318 députés, ce qui ne lui permet plus de disposer de la majorité absolue (326 sièges). Le Parti travailliste de Jeremy Corbyn obtient 261 sièges contre 232 auparavant et fait une percée chez les jeunes. Le Parti national écossais arrive troisième, suivi par les libéraux-démocrates. Cette situation mène à la formation d’un « hung Parliament », un « Parlement suspendu », sans majorité claire.

Qui va gouverner ?

Après avoir obtenu l’autorisation de la reine Elizabeth II au cours d’un entretien, Theresa May a annoncé en début d’après-midi son intention de former un nouveau gouvernement. Pour y parvenir, elle a entamé des discussions en vue d’une coalition avec le Parti unioniste démocrate (PUD), un parti nord-irlandais qui défend notamment les intérêts de la communauté protestante, arrivé cinquième lors des élections avec 10 sièges. La Première ministre espère ainsi conserver son poste en étant suivie par 328 députés à la Chambre des communes, soit deux sièges de plus que la majorité absolue. Lors de la première séance du nouveau Parlement, prévue mardi, Theresa May cherchera à obtenir la confiance des députés. Si elle n’y parvient pas, le Parti travailliste pourra tenter de former un gouvernement.

Est-ce que cela peut avoir un impact sur le Brexit ?

Theresa May a affirmé cet après-midi que son nouveau gouvernement devait lui permettre de « guider le pays à travers les négociations cruciales du Brexit ». Celles-ci doivent débuter le 19 juin, pour une sortie prévue fin mars 2019. Les difficultés de la Première ministre après ces élections font toutefois craindre des retards aux responsables européens. « Nous ne savons pas quand les discussions commencent. Nous savons quand elles se terminent », a insisté sur Twitter le président du Conseil européen Donald Tusk. Pour la leader du Parti national écossais, Nicola Sturgeon, ces élections démontrent que le projet de « Brexit dur » des conservateurs « doit être abandonné ».