12 juin 2017

Tout s'explique

Abstention et renouvellement marquent le premier tour des législatives

Dans quelles circonscriptions émerge La République en marche ?

Le mouvement d’Emmanuel Macron La République en marche (LREM), associé au MoDem de François Bayrou, est arrivé en tête du premier tour des élections législatives hier dans 449 des 577 circonscriptions, remportant 32,3 % des voix. Il devance les blocs LR-UDI (21,6 %), la France Insoumise-PCF (13,7 %), le FN (13,2 %) et la coalition PS-PRG (9,5 %). Les candidats LREM s’imposent aussi bien dans des circonscriptions traditionnellement ancrées à gauche (dans le Sud-Ouest ou en Bretagne par exemple, mais aussi en Seine-Saint-Denis) que dans des bastions de droite (comme dans le XVIe arrondissement et la banlieue ouest de Paris ou les Alpes-Maritimes). Seuls 19 candidats LREM-MoDem n’accèdent pas au deuxième tour, selon un décompte du site Buzzfeed.

Qui s’est abstenu et pourquoi ?

Le taux d’abstention a atteint 51,3 %, contre 42,8 % en 2012, un record pour des élections législatives depuis le début de la Ve République. Selon un sondage réalisé par l’institut Ipsos, l’abstention est particulièrement forte chez les jeunes (65 % des 25-34 ans n’ont pas voté), chez les ouvriers (66 %) et chez les employés (61 %). Interrogé par l’AFP, Jean-Daniel Lévy, de l’institut Harris interactive, l’analyse comme la résultante d’une « impression générale » que la victoire de LREM était acquise, mais aussi par un souci de ne pas « créer d’entrave ». En raison de cette abstention élevée, une seule triangulaire aura lieu au second tour, dans l’Aube, contre 34 en 2012. Pour se qualifier au second tour, un candidat arrivé troisième doit en effet avoir réuni au moins 12,5 % des inscrits.

Pourquoi les projections en sièges montrent-elles une telle amplification du vote du premier tour ?

Selon les projections des instituts de sondage, La République en marche, avec son allié du MoDem, pourrait obtenir plus de 400 sièges à l’Assemblée nationale, s’assurant ainsi bien plus que la majorité absolue de 289 sièges. Avec 32,3 % des voix, LREM et le MoDem ont pourtant obtenu le score le plus faible comparé à celui des formations majoritaires depuis 1988 au premier tour des législatives. Mais le mouvement d’Emmanuel Macron profite de son positionnement central. Les instituts estiment qu’avec 437 candidats présents au second tour, il bénéficiera aussi bien du report de voix d’électeurs ayant voté à gauche, lorsque ses candidats font face à un représentant de LR ou du FN, que de celles d’électeurs ayant voté LR, lorsqu’ils font face à un représentant de la France insoumise ou du FN.