16 juin 2017

Tout s’explique

Accord a minima sur la dette grecque

Sur quoi la Grèce et ses créanciers sont-ils parvenus à se mettre d’accord ?

Les 19 ministres des Finances de la zone euro et la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde se sont rencontrés hier à Luxembourg pour discuter du plan d’aide accordé à la Grèce. Les participants ont annoncé qu’en vertu des efforts fournis par le pays, un nouveau prêt de 8,5 milliards d’euros lui serait accordé. Sur cette somme, 6,9 milliards seront consacrés au remboursement de la dette, une échéance de remboursement étant prévue début juillet. Concernant le réaménagement de la dette, réclamé par la Grèce, un étalement des paiements sur quinze années supplémentaires a été retenu et un ajustement sur le rythme de la croissance, souhaité par la France, a été envisagé. Le FMI préconise un allègement substantiel de la dette grecque, tandis que l’Allemagne y est opposée.

Quelles réformes ont été appliquées ?

La Grèce a bénéficié de trois plans d’aide depuis 2010 qui ont successivement été négociés avec ses créanciers contre des réformes de son économie. En 2010, elle accepte notamment de renforcer la flexibilité du marché du travail, de supprimer les 13e et 14e mois dans la fonction publique, d’augmenter la durée des cotisations pour la retraite et de déréguler en partie les professions réglementées. En 2011, le pays entame une réduction du nombre de fonctionnaires, lance des privatisations, réduit le salaire minimal, allège sa protection sociale et augmente sa fiscalité. En 2015, après l’arrivée au pouvoir du parti anti-austérité Syriza d’Alexis Tsipras, la Grèce accepte de prendre de nouveaux engagements : réforme de la TVA avec un taux de base à 23 %, relèvement de l’âge de la retraite à 67 ans, élargissement des privatisations, réduction des dépenses militaires.

Où en est la situation du pays ?

Si la Grèce a obtenu un excédent budgétaire primaire (qui ne prend pas en compte les intérêts de la dette) de 4,2 % du PIB en 2016, les mesures d’austérité continuent de peser sur la croissance qui était de zéro l’an dernier et sur la situation des Grecs. Entre 2014 et 2017, le chômage est passé de 27,8 % à 23,3 % de la population active. Il reste le plus élevé de l’Union européenne, où le taux moyen est de 8 %. Les jeunes de 15-24 ans en recherche d’emploi sont les plus touchés : près d’un sur deux n’a pas de travail. Les emplois précaires se sont multipliés : plus de 22 % des salariés sont employés à mi-temps ou à temps partiel selon le ministère du Travail. La pension moyenne des retraités a chuté de 40 % depuis 2010 et atteint un peu plus de 800 euros. Un tiers de la population vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté.