19 juin 2017

Tout s'explique

Le renouvellement de l’Assemblée nationale

Pourquoi l’abstention a-t-elle encore augmenté ?

Le parti d’Emmanuel Macron La République en marche (LREM) est sorti vainqueur du second tour des élections législatives hier, remportant la majorité absolue avec 306 sièges à l’Assemblée nationale. Le MoDem, avec qui il avait noué une alliance, en obtient 42. Le parti Les Républicains constitue la première force d’opposition avec 113 élus. Le taux d’abstention a dépassé celui du premier tour et atteint 57,4 %, un record pour des élections législatives depuis 1958. L’abstention est manifeste chez les jeunes (70 % des 25-34 ans, selon l’institut Ipsos). Outre une succession de rendez-vous électoraux qui tend à lasser, le politologue Christophe Boutin estime sur Franceinfo que « des électeurs démobilisés de partis qui savent qu’ils n’auront pas de représentants (Front national, France insoumise, Parti socialiste) ont choisi de laisser faire et de ne pas choisir entre En Marche et la droite ».

À quoi va ressembler la nouvelle Assemblée nationale ?

Le profil de l’Assemblée nationale va être profondément renouvelé à la suite de ces élections. Sur les 577 sièges, 424 seront occupés par des élus qui n’ont jamais siégé au Palais Bourbon, soit un taux de renouvellement d’environ 75 %. C’est le cas pour les 17 députés de La France insoumise et pour 91 % de ceux de LREM. 224 femmes (39 % des députés) ont été élues, contre 155 lors de la précédente législature. L’âge moyen passe de 54,6 ans à 48,8 ans. Selon un décompte de Libération, les cadres sont les plus nombreux, avec 180 représentants, suivis par les fonctionnaires (130) et les professions libérales (88). Dans la précédente Assemblée, les fonctionnaires formaient la catégorie socioprofessionnelle la plus représentée. Aucun ouvrier n’est recensé.

Quel est le calendrier de la nouvelle assemblée ?

Les députés ont jusqu’à vendredi soir pour se présenter à l’Assemblée nationale, remplir les formalités administratives et prendre possession de leur bureau. La première séance aura lieu le 27 juin. Les députés procéderont alors au vote du président de l’Assemblée nationale. Les présidents des groupes parlementaires devront être élus d’ici là. Le 29 juin, se tiendront les premières réunions des huit commissions permanentes, dont les sièges auront été attribués de manière proportionnelle entre les différents groupes. Le Premier ministre présentera sa déclaration de politique générale le 4 juillet, date à laquelle l’Assemblée choisira de lui accorder ou non sa confiance.