23 juin 2017

Tout s'explique

Un sommet tourné vers la relance de l’Europe

Quel accueil ont reçu les positions d’Emmanuel Macron ?

Emmanuel Macron a participé à son premier Conseil européen, hier et aujourd’hui à Bruxelles, où se réunissent au moins quatre fois par an les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Union européenne. À son arrivée, il a déclaré vouloir « porter avec détermination ce projet d’une Europe qui protège ». Ses priorités (défense européenne, lutte contre le terrorisme, gestion de la crise migratoire, lutte contre le réchauffement climatique) ont été entendues, a-t-il déclaré cet après-midi lors d’une conférence conjointe avec Angela Merkel. Il a toutefois rencontré une opposition de la part du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie), qui lui reproche notamment sa volonté de réviser la directive sur les travailleurs détachés.

Quels engagements ont été pris pour l’Europe de la défense ?

Emmanuel Macron s’est félicité hier des avancées en matière de défense, rappelant qu’il n’y en avait pas eu dans ce domaine « depuis des années et des années ». Les pays de l’UE se sont mis d’accord sur la création d’un fonds européen proposé par la Commission européenne. Celui-ci vise à soutenir la recherche dans le domaine militaire avec 90 millions d’euros par an dans un premier temps, puis 500 millions d’euros à partir de 2020, ainsi que les investissements dans des équipements et technologies à hauteur de 5 milliards d’euros. Les dirigeants ont également conclu un financement mutualisé des forces communes susceptibles d’être déployées en dix jours en cas de crise, appelées groupements tactiques. Emmanuel Macron a également dit vouloir « aller plus loin » en matière de défense dans le cadre franco-allemand.

Comment les dirigeants de l’UE ont-ils avancé sur le Brexit ?

La Première ministre britannique Theresa May a dévoilé hier, pour la première fois, sa position sur l’un des points majeurs des négociations sur le Brexit. Elle a assuré à ses partenaires « qu’il ne sera demandé à aucun citoyen de l’UE qui se trouve actuellement au Royaume-Uni de façon légale de quitter le pays ». Le pays leur offrira un « statut définitif », ouvrant à un droit de résidence permanente et à des garanties similaires aux Britanniques en matière de santé, d’éducation ou de prestation sociale, à condition d’y avoir vécu au moins cinq ans. Theresa May a ajouté que cet accord devrait être « réciproque ». Plus de trois millions de ressortissants européens vivent actuellement au Royaume-Uni et un peu plus d’un million de Britanniques résident dans l’UE. Angela Merkel a déclaré que c’était « un bon début », mais qu’il restait encore « beaucoup de questions ».