6 juillet 2017

Tout s’explique

L’escalade des missiles nord-coréens

Comment les États-Unis réagissent-ils au dernier tir nord-coréen ?

En réaction à un tir de missile présenté comme intercontinental mardi par la Corée du Nord, le président américain Donald Trump, en visite en Pologne, a appelé aujourd’hui toutes les nations à montrer à ce pays « qu’il y a des conséquences à son très, très mauvais comportement ». Hier, les États-Unis ont annoncé un projet de résolution à l’ONU, avec le soutien de la France, pour instaurer de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord. Le pays est même prêt à utiliser ses « forces militaires », a déclaré son ambassadrice à l’ONU Nikki Haley. Interrogé hier par RFI, le chercheur spécialiste des deux Corée et de la Chine Antoine Bondaz juge cependant un tel scénario peu vraisemblable puisqu’il « entraînerait une réponse militaire de la Corée du Nord ». La capitale sud-coréenne Séoul est située à portée d’artillerie, à moins de 50 km de la frontière.

En quoi le dernier tir de missile était-il inédit ?

Le missile testé mardi a volé en cloche, atteignant une altitude de près de 3 000 km avant d’atterrir dans la mer du Japon à plus de 900 km de distance, a affirmé Pyongyang. Les autorités américaines ont confirmé que le régime nord-coréen avait procédé à son premier lancement d’un missile balistique intercontinental. Plusieurs experts américains estiment que la portée d’un tel missile est suffisante pour atteindre l’Alaska. C’est la première fois que la Corée du Nord prouve sa capacité à toucher un point du territoire américain. Rien ne démontre cependant qu’elle soit à ce jour en mesure de miniaturiser une tête nucléaire pour la monter sur un tel missile.

Quelle est la position de la Chine ?

La Corée du Nord est soumise à de nombreuses sanctions des Nations unies et de plusieurs pays en raison de ses essais de missiles et de bombes atomiques. Donald Trump a demandé via Twitter à Pékin, principal soutien de Pyongyang, de « mettre fin à cette absurdité une bonne fois pour toutes ». La Chine a appelé toutes les parties à « la retenue » et affirmé avoir « accompli des efforts acharnés » pour résoudre le problème nucléaire nord-coréen. Pékin a décidé mi-février de suspendre ses importations de charbon nord-coréen jusqu’à la fin de l’année, privant ainsi le pays de rentrées financières. Le chercheur Antoine Bondaz estime sur RFI que si la Chine « peut faire davantage pression », elle « ne franchira jamais une ligne rouge qui est un effondrement du régime nord-coréen », par crainte d’un afflux de réfugiés sur son sol et d’une Corée unifiée alliée des États-Unis.