7 juillet 2017

Tout s'explique

Ouverture d’une information judiciaire sur une soirée avec Emmanuel Macron à Las Vegas

Qu’est-il reproché à l’agence Business France ?

Le parquet de Paris a ouvert aujourd’hui une information judiciaire contre X pour favoritisme et recel de favoritisme dans l’enquête sur l’organisation d’une soirée lors d’un déplacement d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, à Las Vegas en janvier 2016. L’agence Business France, qui dépend du gouvernement, a confié au groupe de communication Havas l’organisation de cette soirée, qui a coûté 289 000 euros, sans avoir lancé d’appel d’offres comme la loi l’y oblige. Pendant cette soirée, Emmanuel Macron s’était exprimé devant plus de 500 personnes, dont des dirigeants de start-up françaises. Présente dans 70 pays, l’agence Business France a pour mission de favoriser l’installation d’entreprises françaises à l’étranger et les investissements étrangers en France. Elle était dirigée par Muriel Pénicaud jusqu’à sa nomination comme ministre du Travail en mai.

En quoi la ministre Muriel Pénicaud est-elle concernée ?

Interrogée le 28 juin sur RTL, Muriel Pénicaud a déclaré avoir « déclenché un audit » dès qu’elle a été été alertée d’une « erreur de procédure ». Selon Libération, elle a reçu en juillet 2016 le rapport de l’audit du cabinet EY, mais n’en a informé le conseil d’administration de Business France que six mois plus tard et lui en a présenté une synthèse qui en minorait les conclusions. Dimanche, le JDD a publié un e-mail en date du 11 décembre 2015 de la directrice de la communication de Business France qui affirmait que Muriel Pénicaud était déjà avertie des problèmes et qui prévoyait qu’elle devrait s’expliquer auprès de la Cour des comptes : « Muriel, briefée par nos soins, ne fait rien. Donc elle gérera aussi quand la CdesC demandera des comptes à BF, ce ne sera pas faute d’avoir dit et redit. »

Comment réagissent l’Élysée et Matignon ?

Interrogé fin mai au sujet de la mise en cause de Richard Ferrand, alors ministre de la Cohésion des territoires, pour des opérations immobilières impliquant sa compagne, le Premier ministre Édouard Philippe a déclaré qu’un « ministre qui serait mis en examen devrait démissionner ». Le 28 juin, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a invité les journalistes à « attendre les résultats de l’enquête » et à « ne pas chercher à affaiblir » Muriel Pénicaud, car « on est dans un moment important pour la ministre du Travail », en raison de la réforme du Code du travail. Dans son discours à Versailles devant le Congrès lundi, le président de la République Emmanuel Macron a appelé « à en finir avec cette recherche incessante du scandale, le viol permanent de la présomption d’innocence ».