10 juillet 2017

Tout s'explique

Le président vénézuélien lance un projet d’assemblée constituante contesté

Pourquoi Nicolas Maduro veut-il mettre en place une assemblée constituante ?

Depuis avril, des manifestations ont lieu presque tous les jours au Venezuela pour dénoncer la situation économique du pays et la dérive antidémocratique du président Nicolas Maduro. Le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) qu’il dirige a lancé dimanche sa campagne en vue de l’élection d’une assemblée constituante le 30 juillet. En réponse au mouvement de protestation, le 1er mai, Nicolas Maduro avait annoncé son souhait de convoquer une telle assemblée, qui aura pour mission de rédiger une nouvelle Constitution. Selon un décret signé le 23 mai, elle comptera 540 membres : 176 seront désignés par des groupes sociaux (syndicats, retraités, étudiants) et les 364 autres seront élus selon un découpage par circonscriptions municipales. L’opposition rejette cette proposition, qu’elle déclare anticonstitutionnelle, et soupçonne Nicolas Maduro de manœuvres frauduleuses pour s’accrocher ainsi au pouvoir.

Quel est le bilan des manifestations ?

Les opposants au président ont de nouveau manifesté hier pour leur 100e jour depuis le début de la mobilisation, à l’appel de la coalition Table de l’unité démocratique (MUD). Ils demandent la tenue d’une élection présidentielle anticipée, avant celle prévue en 2018, afin d’obtenir le départ de Nicolas Maduro. Les rassemblements ont été déclenchés lorsque la Cour suprême, favorable au président, a décidé de s’octroyer le pouvoir législatif à la place du Parlement, où l’opposition est majoritaire. Malgré l’abandon de cette décision, les manifestations ont continué. Les opposants réclament désormais la tenue d’un référendum le 16 juillet sur la nécessité de l’élection d’une assemblée constituante, que le gouvernement rejette. L’ONG vénézuélienne Foro Penal dénombre 92 morts depuis le début des manifestations.

Quels sont les figures de l’opposition ?

La Cour suprême vénézuélienne a annoncé samedi la sortie de prison de Leopoldo Lopez, l’un des opposants emblématiques à Nicolas Maduro, « pour raisons médicales ». Condamné en 2014 à près de 14 ans de prison pour « incitation à la violence » lors de manifestations contre le régime, il reste assigné à résidence. La procureure générale Luisa Ortega, proche de l’ancien président Hugo Chavez, a dénoncé fin mars la décision de la Cour suprême de s’octroyer les pouvoirs du Parlement puis s’est opposée au projet de réforme de la Constitution. Elle a refusé de comparaître mardi devant la Cour suprême, qui doit statuer sur sa possible destitution. Deux fois candidat à la présidentielle, Henrique Capriles, le leader de l’opposition et gouverneur de l’État de Miranda, a été déclaré inéligible pour 15 ans début avril par la Cour des comptes, qui lui reproche des irrégularités dans la gestion des fonds publics.