21 août 2017

C'est leur avis

La justice privée des entreprises du Web

La semaine dernière, Google, Facebook, LinkedIn ou encore Spotify ont supprimé des comptes de militants d’extrême droite. Pour Daniel Fortin, rédacteur en chef aux Échos, si les entreprises de la Silicon Valley filtrent désormais les propos qui peuvent être tenus sur leurs plateformes, elles le font à leurs propres conditions.

« Il ne faut pas se méprendre sur les vraies raisons qui poussent les opérateurs du Web à ouvrir des brèches dans le sacro-saint respect du “free speech” sur Internet. La pression de l’opinion publique et le risque réel de défection des annonceurs jouent un rôle considérable dans ces décisions qui ne sont, de ce fait, que de circonstance. On remarquera en outre que, à l’heure de faire la police, les grands hébergeurs ne laissent à personne d’autre qu’eux le soin de décider qui tient ou non des propos haineux, racistes ou appelant à la violence. Cette attitude répond à un courant très profond dans nos sociétés modernes, où l’on refuse désormais de laisser à l’État le monopole de production de la cohésion sociale. » Daniel Fortin