29 août 2017

Tout s’explique

Un missile nord-coréen survole le Japon

La Corée du Nord avait-elle déjà fait voler un missile au-dessus du Japon ?

La Corée du Nord a lancé ce matin, à 5h58 heure japonaise, un missile balistique qui a survolé le nord du Japon. Tiré depuis la base de Sunan, près de Pyongyang, il a parcouru environ 2 700 kilomètres avant de s’abîmer dans l’océan Pacifique. Un système d’alerte a été déclenché dans le pays, appelant la population des zones survolées à s’abriter et le trafic ferroviaire a été brièvement interrompu. C’est la troisième fois que la Corée du Nord tire un projectile au-dessus des îles principales du Japon. Elle avait déjà réalisé de tels tirs en août 1998 et en avril 2009, proclamant à ces deux reprises qu’il s’agissait d’une roquette (projectile non guidé, contrairement à un missile) destinée à placer un satellite en orbite.

Où en sont les sanctions contre le régime de Pyongyang ?

À la demande du Premier ministre japonais Shinzo Abe, soutenu par les États-Unis, le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir en urgence ce soir pour réagir à ce nouveau tir de missile. Il s’agit du 21e tir depuis le début de l’année. L’ONU a déjà sanctionné la Corée du Nord à sept reprises depuis 2006 pour la poursuite de son programme balistique et nucléaire. La dernière résolution remonte au 5 août. Adoptée à l’unanimité, elle interdisait toutes les importations de fer, de charbon, de plomb et de produits de la pêche en provenance de Corée du Nord. La Chine, principal partenaire commercial et soutien de Pyongyang, a commencé à appliquer cette résolution mi-août. Ces sanctions doivent priver le pays d’un milliard de dollars de recettes annuelles.

Que prévoient le Japon et la Corée du Sud face aux menaces nord-coréennes ?

Pour faire face aux menaces nord-coréennes, le Japon et la Corée du Sud disposent sur terre et sur mer de systèmes de défense dotés de puissants radars et pouvant intercepter des missiles en vol. L’armée américaine a également commencé à déployer en mars en Corée du Sud un bouclier antimissiles baptisé Thaad (Terminal High Altitude Area Defense), capable d’intercepter à longue distance les missiles lors de leur phase de descente. Début 2016, le ministère de la Défense japonais avait déclaré qu’il détruirait tout missile nord-coréen menaçant son territoire. Aucune interception n’a pourtant été déclenchée ce matin, en raison d’un risque de chute minime sur le sol japonais. La Corée du Sud a largué dans la matinée huit bombes sur l’un de ses sites d’entraînement militaire « pour démontrer sa forte capacité à punir le Nord », selon le porte-parole de la présidence.