30 août 2017

Tout s'explique

L’euro en forte hausse depuis le début de l’année

Quelles sont les causes de la hausse de l’euro ?

L’euro a franchi hier le seuil de 1,20 dollar (en hausse de 14 % depuis le début de l’année) pour la première fois depuis janvier 2015. La devise européenne a aussi gagné près de 9 % face à la livre sterling et plus de 6 % face au yen. Entre 2015 et 2016, elle fluctuait entre 1,05 et 1,15 dollar, loin du niveau atteint en 2011 : 1,45 dollar. Son regain s’explique par les bons chiffres de l’activité et de l’emploi, ainsi que les prévisions de croissance en hausse de la zone euro qui ont pour effet d’attirer les capitaux. En mai, la Commission européenne a relevé sa prévision de croissance, suivie par le FMI fin juillet. En revanche, cet organisme chargé de garantir la stabilité financière internationale, a revu à la baisse ses prévisions pour les États-Unis et le Royaume-Uni.

Est-ce une bonne nouvelle pour l’économie européenne ?

Les consommateurs européens bénéficient de l’appréciation de l’euro. En effet, les prix des produits libellés en dollars importés de l’extérieur de la zone euro baissent. Les secteurs concernés sont par exemple l’électronique, le textile ou le pétrole. En revanche, une hausse de la devise européenne pénalise les entreprises exportatrices dont les produits sont renchéris. En janvier 2014, avant que l’euro entame sa chute, le PDG d’Arianespace Stéphane Israël chiffrait sur BFM Business l’impact d’une appréciation de l’euro de 10 centimes par rapport au dollar à « environ 60 millions d’euros » sur le résultat d’Arianespace. Le directeur d’Airbus Fabrice Brégier estimait qu’une variation de 10 centimes amputait le chiffre d’affaires du constructeur aéronautique d’un milliard d’euros.

Pourquoi les entreprises françaises sont-elles plus exposées ?

L’impact d’une hausse de l’euro est moindre pour les entreprises allemandes que pour les entreprises françaises ou italiennes. La France a, contrairement à l’Allemagne, « une production industrielle assez basse en gamme, d’où un fort recul des exportations (de la part de marché) lorsque l’euro s’apprécie », expliquait en 2014 l’économiste Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de la banque Natixis, dans Le Point, sa compétitivité étant davantage liée au prix qu’à l’image ou à la qualité des produits. Chaque année, le FMI évalue le niveau des devises pour chaque pays en fonction de ses statistiques économiques. Selon la dernière étude publiée en juillet, portant sur l’année 2016, l’euro était sous-évalué de 18 % pour l’Allemagne, mais surévalué de 6,8 % pour la France (la hausse actuelle accentue donc cette surévaluation).