4 septembre 2017

Tout s’explique

La baisse du nombre de contrats aidés

Que prévoit le gouvernement concernant les contrats aidés ?

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a confirmé hier sur Franceinfo que le gouvernement comptait « progressivement réduire le nombre de contrats aidés » et qu’il y en aurait « nettement moins » l’an prochain. Les contrats aidés passeront de 460 000 en 2016 à « 310 000 ou 320 000 » en 2017. Il a rappelé que cette baisse avait été initiée par le précédent gouvernement, qui en prévoyait 280 000 pour 2017. À la place, il souhaite « développer la formation » pour aider au retour à l’emploi. Début août, la ministre du Travail Muriel Pénicaud avait justifié cette baisse par le fait que ces contrats étaient « coûteux » et « pas efficaces dans la lutte contre le chômage », en citant des études du ministère du Travail, de la Cour des comptes et de l’OCDE.

À quoi correspondent les contrats aidés ?

Les contrats aidés s’adressent à ceux qui rencontrent des difficultés d’accès à l’emploi, en particulier les jeunes et les chômeurs de longue durée. Ils regroupent plusieurs aides de l’État : subventions à l’embauche, exonérations de cotisations sociales ou aides à la formation. L’allègement du coût du travail peut aller jusqu’à 75 % du Smic horaire. Les premiers contrats aidés furent les Travaux d’utilité collective, lancés en 1984. Les principaux contrats aidés actuels sont les emplois d’avenir, destinés aux jeunes de 16 à 25 ans peu ou pas qualifiés, et les contrats uniques d’insertion (CUI), qui visent à faciliter l’insertion professionnelle de personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales ou professionnelles.

Quels secteurs ont fait part de leur inquiétude ?

Dans un communiqué le 28 août, l’Association des maires de France (AMF) avait interpellé le gouvernement à propos des effets immédiats des contrats aidés non renouvelés sur « le bon déroulement de la rentrée scolaire ». Reçue par le gouvernement vendredi, l’AMF a déclaré avoir reçu l’assurance d’un traitement de « toutes les situations locales, au cas par cas ». L’antenne grenobloise des Restos du Cœur a affirmé samedi qu’elle ne pourrait plus servir de repas chauds à partir de ce lundi, n’étant pas en mesure d’embaucher un nouveau cuisinier en contrat aidé. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a assuré hier sur RTL et LCI que cette situation serait « réglée » et a précisé que l’attribution des contrats aidés devait concerner en priorité « l’aide alimentaire, l’hébergement d’urgence, les communes rurales les plus en difficulté et l’outre-mer ».