6 septembre 2017

Tout s'explique

Trump met fin à un programme d’Obama pour les jeunes sans-papiers

Qu’a décidé Donald Trump ?

Le président américain Donald Trump a ordonné hier la fin d’un programme permettant aux jeunes sans-papiers de vivre et de travailler aux États-Unis grâce à un statut provisoire. Il a demandé au Congrès de légiférer dans un délai de six mois. En attendant, aucune nouvelle demande ne sera acceptée et les 800 000 bénéficiaires actuels ne seront pas affectés. Après le 5 mars 2018, si le Congrès ne s’est pas accordé sur une nouvelle législation, ils seront considérés comme des clandestins et expulsables. Dans un long texte publié sur Facebook, l’ancien président Barack Obama a dénoncé un changement « cruel », également combattu par de nombreux chefs d’entreprise (General Motors, Apple, Facebook, Microsoft, Marriott, etc.) qui ont dénoncé dans une lettre ouverte ses effets sur l’économie.

Que permettait le système instauré par Barack Obama ?

Le Congrès ayant échoué pendant plusieurs années à voter une loi sur le sujet, Barack Obama, alors président, avait décidé en 2012 de prendre un décret présidentiel créant un statut pour ces jeunes appelés « dreamers » (suivant le nom du projet de loi « Dream »). Pour en bénéficier, les demandeurs, arrivés illégalement aux États-Unis avec leurs parents, devaient être entrés aux États-Unis avant 2007 et avant l’âge de 16 ans, ne pas avoir été condamnés pour une infraction grave, être scolarisés ou posséder un diplôme équivalent au bac. Les bénéficiaires recevaient un permis de séjour et de travail de deux ans renouvelable. La plupart d’entre eux sont insérés dans la société américaine, ont un travail, une voiture, selon une étude menée en août par plusieurs organisations de défense des droits des immigrés.

Où en est la politique d’immigration de Donald Trump ?

La suppression du statut des « dreamers » était un engagement de campagne de Donald Trump. Il avait également promis d’expulser les clandestins en concentrant les efforts sur les délinquants, de construire un mur à la frontière du Mexique et de bloquer les fonds fédéraux pour les « villes sanctuaires » (qui protègent les sans-papiers en limitant leur coopération avec les services de l’immigration). Dès son arrivée au pouvoir, le président américain a renforcé les moyens de la police de l’immigration et lui a demandé d’accélérer les expulsions. Sa décision de priver de financements fédéraux les « villes sanctuaires » a toutefois été suspendue par une décision de justice. Quatre entreprises ont été sélectionnées la semaine dernière afin de construire des prototypes du mur à la frontière du Mexique. Donald Trump doit encore convaincre le Congrès de dégager les moyens nécessaires à son financement.