13 septembre 2017

Tout s'explique

Juncker marque ses différences avec Macron

Jean-Claude Juncker adhère-t-il à la gouvernance européenne souhaitée par Emmanuel Macron ?

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a prononcé ce matin son discours annuel sur l’état de l’Union européenne. Tandis qu’Emmanuel Macron avait rappelé jeudi dans un discours à Athènes son souhait que la zone euro se dote d’un Parlement spécifique et d’un budget propre, il s’est dit en désaccord avec ces deux idées : « Nous n’avons pas besoin de structures parallèles », a-t-il déclaré. « Le Parlement de la zone euro est le Parlement européen. » Quant au budget de la zone euro, il ne doit pas être distinct, mais compris dans celui de l’UE. Jean-Claude Juncker a insisté pour que les évolutions envisagées ne nécessitent pas un changement des traités actuels, ce qui supposerait un accord de l’ensemble des États membres.

Y a-t-il des points de rapprochement des positions ?

Jean-Claude Juncker souhaite, comme Emmanuel Macron, la nomination d’un ministre des Finances. Mais le président français le voit représenter la zone euro quand le président de la Commission imagine un « ministre européen de l’Économie et des Finances » pour l’UE qui cumulerait cette fonction, « pour des raisons d’efficacité », avec celle de commissaire en charge de l’Économie et des Finances. Le rapprochement des points de vue est plus net sur la question des travailleurs détachés. « Dans une Union où tous sont égaux, il ne peut y avoir de travailleurs de seconde classe, a affirmé Jean-Claude Juncker. Ceux qui font le même travail, sur un même lieu, doivent toucher le même salaire. » Le président de la Commission a également déclaré soutenir « l’idée du président Macron d’organiser des conventions démocratiques » (débats citoyens) « dans toute l’Europe en 2018 ».

Depuis quand le président de la Commission prononce-t-il un tel discours ?

Inspiré du discours sur l’état de l’Union du président américain, prononcé chaque année en janvier, celui de l’UE a été inauguré en 2010 par le Portugais José Manuel Barroso. Il est lu par le président de la Commission européenne devant les eurodéputés. Son principe est défini dans l’Accord-cadre sur les relations entre le Parlement européen et la Commission : « Chaque année, au cours de la première période de session de septembre, a lieu un débat sur l’état de l’Union à l’occasion duquel le président de la Commission prononce une allocution dans laquelle il dresse le bilan de l’année en cours et esquisse les priorités pour les années suivantes. » L’an passé, trois mois après le référendum britannique sur le Brexit, Jean-Claude Juncker avait insisté sur la nécessité d’une « Europe qui protège ».