13 septembre 2017

C’est leur avis

La non-campagne allemande

Joëlle Kuntz, chroniqueuse pour le journal suisse Le Temps, estime que la campagne électorale en Allemagne pour les élections législatives du 24 septembre représente, par sa prévisibilité, un soulagement.

« On aime Emmanuel Macron parce qu’il bouge. On aime Angela Merkel parce qu’elle ne bouge pas. Ainsi vont les perceptions formées par les souvenirs, les préjugés et la sous-information. Une France sans mouvement est vue comme déclinante. On la veut active. Tandis qu’une Allemagne agissante allume la crainte qu’elle en fasse trop. L’accueil massif de réfugiés en 2015, un extrême d’humanité critiqué comme un extrême d’imprudence, l’exposait comme dérangeante dans l’ordre routinier des nations. Elle s’est rangée depuis. […] Après les folles campagnes électorales américaine et française qui ont soulevé – et matérialisé aux États-Unis – les pires alertes politiques, la non-campagne allemande est comme un soulagement. Le plus grand pays de l’Union européenne donne les signaux que les autres attendent de lui: stabilité, prévisibilité, crédibilité. » Joëlle Kuntz