14 septembre 2017

Tout s'explique

Les Jeux olympiques de 2024 attribués à Paris

Pourquoi l’attribution des JO de 2024 était-elle déjà acquise ?

Le Comité international olympique (CIO) a officialisé hier soir à Lima (Pérou) l’organisation par Paris des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Cette annonce faisait peu de doutes après sa décision, le 11 juillet, de procéder à une double attribution des JO de 2024 et 2028 pour les deux villes restant en lice, Paris et Los Angeles. Le 31 juillet, le CIO annonçait un accord avec Los Angeles pour l’organisation des Jeux de 2028. La capitale française restait donc la seule ville candidate pour 2024. Les 33es Jeux olympiques d’été auront lieu du 2 au 18 août 2024. Plusieurs villes seront sollicitées, notamment Saint-Denis qui accueillera le village olympique ainsi que les épreuves d’athlétisme et de natation. Hôte des JO en 1900 et 1924, Paris avait échoué pour l’organisation des éditions 1992, 2008 et 2012.

Pourquoi plusieurs villes avaient-elles retiré leur candidature ?

En septembre 2015, le CIO a annoncé la candidature de cinq villes. Deux mois plus tôt, citant un risque pour les contribuables, Boston avait déjà renoncé à sa candidature, face à l’hostilité d’une partie de la population, et avait été remplacée par Los Angeles. En novembre 2015, Hambourg a organisé un référendum à l’issue duquel 51,7 % des votants se sont prononcés contre la candidature de la ville, provoquant son retrait. En septembre 2016, la nouvelle maire de Rome (représentante du Mouvement 5 étoiles de l’humoriste Beppe Grillo) a exprimé son opposition au projet, estimant que les Jeux sont toujours « une sorte de rêve qui se transforme en cauchemar » pour les habitants. Enfin, en février 2017, c’est Budapest qui s’est retiré, les organisateurs d’une pétition contre la candidature de la ville revendiquant 266 000 signatures. Ne restaient alors en lice que Paris et Los Angeles.

Quel est le bilan économique des dernières éditions ?

Selon l’économiste du sport Wladimir Andreff (Université Panthéon-Sorbonne), le taux de dépassement du coût depuis les JO de 1968 est de 167 % en moyenne. Deux spécialistes américains estiment dans une étude de 2016 que les bénéfices apportés par les JO ne parviennent quasiment jamais à couvrir les coûts relatifs à leur accueil. Ils soulignent cependant deux exceptions : Los Angeles en 1984 et Barcelone en 1992 qui a lancé un programme de rénovation urbaine et développé le tourisme. Ces économistes observent que les études préalables ont toujours tendance à sous-estimer les coûts et à surestimer les retombées pour crédibiliser les dossiers de candidature. Le budget annoncé de Paris 2024 est de 6,8 milliards d’euros. En réponse aux critiques, le coprésident du comité d’organisation de l’événement Tony Estanguet souligne que 95 % des infrastructures prévues existent déjà.