15 septembre 2017

Tout s’explique

Fin de mission pour la sonde Cassini

Quel était l’objectif de la mission ?

La mission de la sonde spatiale Cassini, qui avait été lancée dans l’espace en 1997, a pris fin aujourd’hui, à 13h55, heure française. Fruit d’une collaboration entre l’agence spatiale américaine Nasa et l’Agence spatiale européenne (ESA), cette exploration scientifique avait pour but d’obtenir des données sur la planète Saturne et ses satellites. La sonde, chargée d’instruments de mesure et de capteurs, est entrée en orbite autour de Saturne en 2004. Cassini a notamment permis d’apprendre l’existence de mers de méthane sur Titan, l’un des satellites de Saturne. Elle a également découvert un océan d’eau salée sous la surface glacée d’Encelade, une autre des lunes du système, et la présence d’hydrogène. La présence de ces éléments avait permis à la Nasa d’annoncer, en avril, que « certains des ingrédients nécessaires à un environnement habitable » y étaient réunis.

Pourquoi a-t-elle dû prendre fin ?

La mission, imaginée en 1982, a été prolongée à deux reprises, en 2008 et en 2010. Mais, constatant que l’engin était à court de carburant et soucieuses de gérer au mieux sa fin de vie, la Nasa et l’ESA ont annoncé en avril leur intention d’y mettre fin. Il s’agissait d’éviter que Cassini ne s’écrase par exemple sur Encelade, où ses matériaux auraient été susceptibles de perturber un potentiel écosystème. Elles ont préféré imaginer un « grand final », selon leurs termes. La sonde, à l’approche de Titan, a profité de la force gravitationnelle de ce satellite pour traverser les anneaux de Saturne et pénétrer dans son atmosphère, où elle s’est désintégrée aujourd’hui après en avoir fait 22 fois le tour. Le dernier signal de communication de Cassini a été capté 83 minutes après l’entrée de la sonde dans l’atmosphère, soit le temps mis par les ondes pour parcourir la distance entre Saturne et la Terre.

Quelles sont les autres collaborations entre la Nasa et l’Agence spatiale européenne ?

En 1977, les deux agences s’étaient associées pour faire des observations conjointes du soleil et ont lancé dans ce but la sonde Ulysses en 1990. Elles ont également développé à la fin des années 1970 le télescope spatial Hubble, envoyé dans l’espace en 1990 à bord de la navette spatiale américaine Discovery. Dernièrement, les agences travaillent conjointement sur le satellite Solar Orbiter, qui doit étudier le soleil. Sa mise en orbite est prévue en 2019 pour un début des observations en 2022. La mission doit durer neuf ans. En février, l’ESA a signé un nouveau contrat avec la Nasa, s’engageant à lui fournir un module de service pour assurer la propulsion du vaisseau spatial Orion, avec un premier vol inhabité prévu pour 2019.