18 septembre 2017

Tout s'explique

Le référendum pour l’indépendance du Kurdistan irakien en suspens

Pourquoi les Kurdes souhaitent-ils créer un État ?

Le Parlement du Kurdistan irakien a voté vendredi en faveur de l’organisation d’un référendum sur l’indépendance du territoire, prévu le 25 septembre. Le président de la région, Massoud Barzani, en avait fait l’annonce début juin. Il a toutefois affirmé qu’une victoire du « oui » n’entraînerait pas systématiquement une déclaration d’indépendance immédiate, mais permettrait d’entamer des « discussions sérieuses avec Bagdad » pour « régler tous les problèmes » de souveraineté entre l’Irak et le Kurdistan irakien. Les Kurdes vivent aujourd’hui répartis entre l’Irak, l’Iran, la Turquie et la Syrie. La création d’un État fait partie de leurs revendications de longue date. En 1920, les pays alliés vainqueurs de la Première Guerre mondiale leur avaient promis un territoire, avant de revenir sur cette décision.

Qui s’oppose à l’organisation d’un référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien ?

La Cour suprême irakienne, saisie notamment par le Premier ministre du pays, Haïder Al-Abadi, a ordonné aujourd’hui la suspension du référendum en attendant d’examiner s’il est conforme ou non à la Constitution irakienne. Mardi, le Parlement irakien avait voté contre la tenue du scrutin et limogé le gouverneur kurde indépendantiste de la province de Kirkouk, une région riche en pétrole que se disputent le pouvoir central et les Kurdes. Les États-Unis ont appelé vendredi les autorités kurdes irakiennes à abandonner ce projet, estimant qu’il serait « déstabilisant » pour la région, en particulier pour la « stabilisation des zones libérées » de l’emprise du groupe État islamique. La Turquie et l’Iran s’opposent également à la tenue de ce scrutin, par peur qu’il encourage les minorités kurdes de leur territoire à faire de même.

De quelle autonomie dispose cette région en Irak ?

Le Kurdistan irakien dispose déjà d’une grande autonomie en Irak. À la fin de la première guerre du Golfe en 1991, le gouvernement a fait face à plusieurs rébellions dans le pays, dont celle des Kurdes, à laquelle il a riposté violemment. Les États-Unis et l’ONU sont intervenus pour défendre la minorité kurde et ont instauré des zones de protection dans la région. Celle-ci a alors obtenu une autonomie de fait. Un gouvernement et un Parlement ont été installés en 1992 à Erbil, désignée capitale de la région. Le renversement du régime de Saddam Hussein en 2003 a mené à l’écriture d’une nouvelle Constitution deux ans plus tard, dans laquelle un territoire kurde et ses autorités, dont sa force armée mieux connue sous le nom de peshmerga, ont été officiellement reconnus.