21 septembre 2017

Tout s'explique

Le départ de Florian Philippot du Front national

Pourquoi Florian Philippot quitte-t-il le Front national ?

Florian Philippot, l’un des quatre vice-présidents du Front national (FN), a annoncé ce matin son départ du parti. Marine Le Pen, qui en assure la présidence, lui avait enjoint de quitter la tête de l’association Les Patriotes qu’il avait créée le 15 mai. Sans réponse de sa part, elle a annoncé hier avoir décidé de lui retirer les attributions liées à sa vice-présidence (stratégie et communication). « On m’a dit que j’étais vice-président à rien. Je n’ai pas le goût du ridicule et je n’ai jamais eu le goût de rien faire », a expliqué Florian Philippot ce matin sur France 2. Il n’a pas précisé s’il comptait transformer son association Les Patriotes en un parti qui concurrencerait le Front national. Ce départ est l’aboutissement de plusieurs mois de conflit entre Florian Philippot et plusieurs dirigeants du FN sur les raisons de la défaite de Marine Le Pen à la présidentielle et la ligne politique du parti.

Quel est le différend idéologique qui fracture le parti ?

Les divisions au sein du Front national se sont exacerbées ces dernières semaines entre une ligne identitaire, orientée vers la lutte contre l’immigration et l’insécurité, et une ligne souverainiste, privilégiant l’indépendance nationale et la sortie de l’Union européenne. Tandis que la première, portée par Marion Maréchal-Le Pen (avant son retrait du mouvement le 10 mai) et par le secrétaire général du parti Nicolas Bay, met l’accent sur l’union des droites, la seconde, incarnée par Florian Philippot, se revendique ni de droite ni de gauche. Le 12 juin, Nicolas Bay a mis en cause la priorité donnée à une sortie de l’euro pendant la campagne de la présidentielle, estimant que la monnaie européenne fait « partie des sujets très dissuasifs pour une partie de notre électorat ». Dans son discours de rentrée, le 9 septembre à Brachay (Haute-Marne), Marine Le Pen a remis au premier plan les thèmes de l’identité, de l’immigration et de la sécurité.

Quel est son parcours au sein du parti ?

Membre depuis octobre 2011 du Front national, Florian Philippot a déclaré en 2015, dans une interview au magazine GQ, ne jamais avoir voté pour Jean-Marie Le Pen à une élection présidentielle. Se réclamant du gaullisme, partisan de la liste de Charles Pasqua et Philippe de Villiers pour les élections européennes de 1999, il soutient en 2002 la candidature de Jean-Pierre Chevènement à la présidentielle. À la recherche de nouveaux visages pour son parti, Marine Le Pen en fait en 2012 le directeur stratégique de sa campagne. Florian Philippot soutient la volonté de Marine Le Pen de rompre avec l’héritage de son père, dont il encouragera l’exclusion, et souhaite que le Front national devienne un grand parti souverainiste. Il défend au sein du parti le mariage pour tous, l’IVG et le refus de la peine de mort.