21 septembre 2017

C'est leur avis

Le paradoxe de Merkel

Professeur de géographie à l’université d’Aix-Marseille, Boris Grésillon estime dans Libération qu’Angela Merkel, dont le parti est favori des élections législatives de dimanche, présente un paradoxe : elle projette une image de mesure et de justice sur un pays marqué par ses fractures.

« On se demande bien ce qui pourrait faire chanceler la chancelière. Mais en y regardant de plus près, Merkel a un talon d’Achille : les inégalités sociales, en croissance constante depuis 15 ans. Il y a de plus en plus de riches et de plus en plus de pauvres. […] Loin de correspondre à l’image empreinte de mesure, de tempérance et de justice de la chancelière, l’Allemagne se caractérise plutôt par ses fractures, qu’elles soient d’ordre économique, social, politique ou géographique. Le paradoxe veut que face aux désordres du monde et aux inégalités intérieures, Merkel apparaisse comme l’ultime recours. Mais il se pourrait bien qu’en la réélisant, les électeurs ne fassent qu’amplifier les inégalités et renforcer leurs propres craintes. » Boris Grésillon