22 septembre 2017

Tout s'explique

Près de la moitié des sièges du Sénat remis en jeu

Comment fonctionnent les élections sénatoriales ?

Dimanche, 170 sièges, soit un peu moins de la moitié de la chambre haute du Parlement, seront remis en jeu lors des élections sénatoriales. Les sénateurs sont élus pour six ans. Le Sénat est divisé en deux « séries » de sièges. Tous les trois ans, une des deux séries est concernée par les élections. Selon la Constitution, le Sénat représente les collectivités territoriales, tandis que l’Assemblée nationale représente les citoyens. C’est pourquoi les sénateurs sont élus par des grands électeurs et non au suffrage universel direct. Peuvent voter les députés, les conseillers régionaux, les conseillers départementaux et une partie des conseillers municipaux. Dimanche, 136 sièges seront pourvus à la proportionnelle (dans les départements comptant plus de deux sénateurs) et 34 au scrutin majoritaire à deux tours (pour les autres).

Quel est le poids du Sénat ?

Le Sénat dispose de pouvoirs moins étendus que l’Assemblée. En cas de désaccord entre les deux chambres, c’est l’Assemblée qui a le dernier mot. Sur son site, le Sénat justifie son apport à la rédaction des textes de loi en affirmant que l’Assemblée reprend environ 90 % des amendements qu’il adopte lorsque les majorités des deux chambres concordent et autour de 50 % dans le cas inverse. Si le Sénat n’a pas le pouvoir de renverser le gouvernement, il dispose comme l’Assemblée d’autres moyens de contrôle, en particulier la possibilité de lui adresser des questions et de constituer des commissions d’enquête. Les modifications de la Constitution doivent être approuvées aux trois cinquièmes des parlementaires des deux chambres réunies en Congrès.

Quel est l’objectif d’Emmanuel Macron ?

Le mouvement La République en marche (LaREM) qui soutient Emmanuel Macron dispose actuellement d’un groupe de 29 sénateurs. François Patriat, le président de ce groupe, avait fixé en août un objectif de 50 sénateurs à l’issue des élections, mais le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a depuis revu cet objectif à la baisse, n’espérant plus qu’une « dizaine de gains » de sièges. Le principal objectif d’Emmanuel Macron est de pouvoir réunir une majorité des trois cinquièmes dans les deux chambres pour les réformes constitutionnelles qu’il a prévues (sauf à recourir au référendum), notamment la réduction du nombre de parlementaires et l’introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives. Plus le nombre de sénateurs LaREM sera élevé, moins il aura besoin de rallier des parlementaires appartenant à d’autres groupes pour obtenir cette majorité.