26 septembre 2017

Tout s'explique

Les propositions d’Emmanuel Macron pour réformer l’Europe

Comment Emmanuel Macron souhaite-t-il relancer l’Europe ?

Emmanuel Macron a présenté lors d’un discours cet après-midi à la Sorbonne, à Paris, ses idées pour réformer l’Union européenne, dont certaines se trouvaient déjà dans son programme présidentiel. Il a mis l’accent sur la coopération en matière de défense, dont la création d’un budget commun. Il a redit sa volonté d’une lutte conjointe contre le terrorisme en lançant un parquet européen dédié. Pour faire face à la crise migratoire, il a proposé l’instauration d’un « office européen de l’asile pour harmoniser les procédures ». Sur le plan environnemental, il a appelé à la création d’une taxe carbone aux frontières de l’Europe et d’un programme de soutien aux voitures propres. Il souhaite également la mise en place de listes transnationales pour désigner la moitié du Parlement européen lors des élections de 2019.

À quoi serviraient un ministre et un budget de la zone euro ?

Le président de la République a repris sa proposition, exprimée lors de la campagne et lors d’un discours à Athènes le 7 septembre, d’un ministre des Finances de la zone euro. Face aux réticences de l’Allemagne et à celles du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, il n’a pas réclamé comme à Athènes la création d’un « vrai budget de la zone euro », mais d’un « budget plus fort au cœur de la zone euro ». Celui-ci aurait pour fonction de financer des investissements et d’assurer une stabilisation face aux chocs économiques (comme les conséquences d’une catastrophe naturelle et les crises telles que celle traversée par la Grèce). Le ministre des Finances serait en charge de ce budget et devrait rendre des comptes à un Parlement de la zone euro, également souhaité par Emmanuel Macron.

Quels sont les obstacles à ses projets ?

Pour réformer l’Union européenne, Emmanuel Macron doit convaincre en particulier l’Allemagne. Rétive lors de l’élection du président français, Angela Merkel s’est déclarée ouverte en juillet à la création d’un budget de la zone euro et à la nomination d’un ministre des Finances. Les élections législatives allemandes ont changé la donne dimanche, puisque la chancelière devra mettre en place un accord de coalition pour gouverner, notamment avec les libéraux du FDP. Or leur président, Christian Lindner, a déclaré que la création d’un budget de la zone euro constituait une « ligne rouge » pour son parti, affirmant sur la chaîne ZDF qu’il ne souhaitait pas que les fonds soient redistribués « en France pour les dépenses publiques ou en Italie pour réparer les erreurs de Berlusconi ».