27 septembre 2017

Tout s'explique

Alstom et Siemens fusionnent leurs activités ferroviaires

Pourquoi Alstom et Siemens se rapprochent-ils ?

Le français Alstom, qui fabrique le TGV, et l’allemand Siemens ont annoncé hier soir leur projet de fusionner leurs activités de construction ferroviaire. Siemens détiendra 50 % du capital du nouvel ensemble baptisé Siemens-Alstom. Il est prévu que le siège de la future société, cotée à la Bourse de Paris, soit situé à Saint-Ouen, en région parisienne. Siemens désignera six des 11 membres du conseil d’administration. Alstom et Siemens font face à une concurrence accrue, notamment celle du chinois CRRC. Selon le PDG d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge, qui dirigera le nouveau groupe, il s’agit d’une « chance unique de créer un groupe très fort » pour pouvoir offrir à ses clients « les solutions les plus technologiques ». Après l’acquisition fin 2015 de la branche énergie d’Alstom par l’américain General Electric, le matériel ferroviaire reste l’unique activité d’Alstom.

Comment s’est développé le chinois CRRC ?

Le groupe chinois CRRC est aujourd’hui le leader mondial du secteur avec un chiffre d’affaires de 28,6 milliards d’euros et 180 000 salariés. Celui de la nouvelle entité Alstom-Siemens (59 900 salariés) est évalué à 15 milliards d’euros, devant le canadien Bombardier (7,5 milliards d’euros). CRRC a profité de l’explosion du marché chinois, qui possède le plus grand réseau ferroviaire à grande vitesse et représente toujours l’essentiel de son chiffre d’affaires. Il est de plus en plus présent dans des appels d’offres internationaux. Affichant des prix souvent inférieurs de 20 % à 30 % à ceux de ses concurrents, il a remporté plusieurs marchés tels que les métros de Boston, Philadelphie et Los Angeles ou la fourniture de 24 trains de banlieue à Montréal. Il a également signé fin 2016 un contrat pour la vente de trois rames de train à grande vitesse à une compagnie privée tchèque.

Quelles sont les conséquences annoncées pour l’emploi ?

L’accord de fusion entre Alstom et Siemens prévoit que les sites et les emplois soient préservés pendant les quatre ans suivant la réalisation de l’opération, pour les deux entreprises et les deux pays. Plusieurs syndicats d’Alstom ont exprimé hier leur crainte pour l’emploi à moyen terme. Henri Poupart-Lafarge mise quant à lui sur la conquête de « nouveaux marchés ». Cependant, les bons résultats d’Alstom reposent sur ses succès à l’international qui alimentent ses usines à l’étranger. L’activité de ses sites français, tributaires des commandes de la SNCF, est en baisse depuis plusieurs années. L’an dernier, le gouvernement avait mis au point un plan de sauvetage du site d’Alstom à Belfort que le groupe avait prévu de fermer, via l’achat de rames de TGV et de locomotives diesel.