2 octobre 2017

C'est leur avis

Le procès Merah, révélateur de nos carences

En mars 2012, Mohamed Merah abattait trois militaires, un enseignant et trois enfants d’une école juive avant d’être tué par la police. Le procès de son frère Abdelkader, accusé de complicité, qui a débuté ce matin à Paris, nous appelle à nous remettre en cause, estime le directeur de la rédaction du journal La Croix Guillaume Goubert.

« C’est le premier procès de cette ampleur lié à la vague d’attaques islamistes qui a ensanglanté la France ces dernières années. Il nous amène à remonter dans notre mémoire pour constater notre absence de lucidité et notre manque de mobilisation lors de ces événements. Absence de lucidité, d’abord. Les commentaires qui ont suivi les meurtres ont pour la plupart évoqué un coup de folie d’un jeune égaré. La suite des événements a montré que l’affaire Merah était en fait le prototype de ce que la France allait connaître à une autre échelle en 2015 et 2016. Manque de mobilisation, ensuite. Comment comprendre, cinq ans après, qu’il y ait eu si peu d’émotion collective après l’assassinat de jeunes militaires et le massacre d’enfants dans une cour d’école juive ? » Guillaume Goubert