4 octobre 2017

Tout s'explique

Rapprochement entre le Hamas et le Fatah à Gaza

Quelle est la portée du Conseil des ministres organisé à Gaza ?

Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a réuni hier son gouvernement dans la bande de Gaza. Cette réunion symbolisait un début de réconciliation entre le Fatah, contrôlant l’Autorité palestinienne qui administre la Cisjordanie, et le Hamas, qui a pris le contrôle de la bande de Gaza en 2007. Le 17 septembre, ce mouvement islamiste, à la fois parti politique et milice armée, a accepté de dissoudre son comité d’administration qui gérait le territoire. Les ministres venus de Ramallah (Cisjordanie) ont pris possession hier de leurs bureaux. Arrivé lundi à Gaza, Rami Hamdallah a suscité un fort engouement dans la population. « Nous sommes ici pour tourner la page de la division et restituer au projet national son juste cap qui est la création d’un État », a-t-il déclaré devant ses ministres.

Quel est la situation de la bande de Gaza ?

La bande de Gaza est une zone de 40 km de long et de 6 à 12 km de large, comptant près de 2 millions d’habitants entre Israël et l’Égypte. L’association de défense des droits de l’homme Amnesty International estime qu’« environ 80 % de la population survit grâce à l’aide humanitaire » d’origine internationale. Le territoire est soumis à un blocus de la part d’Israël et de l’Égypte, opposée aux Frères musulmans dont le Hamas est proche. Le Fatah et le Hamas étaient sur le point de former un gouvernement d’union nationale en 2014, mais n’avaient pas réussi à s’entendre sur les détails de sa mise en œuvre. En avril dernier, l’Autorité palestinienne a bloqué le règlement de la facture de l’électricité qu’Israël fournit à la bande de Gaza. Depuis, l’électricité n’est plus distribuée que quelques heures par jour dans le territoire.

Pourquoi le Fatah et le Hamas se rapprochent-ils ?

Cette pression financière exercée par l’Autorité palestinienne visait à affaiblir le Hamas. Pressé par l’Égypte, le mouvement a accepté de dissoudre son comité d’administration et d’impliquer à nouveau l’Autorité palestinienne dans la gestion du territoire. Des négociations doivent se dérouler à partir de la semaine prochaine au Caire. Plusieurs questions restent à résoudre entre les deux parties, comme le contrôle de la force armée du Hamas (environ 25 000 hommes) et le sort des dizaines de milliers de fonctionnaires recrutés depuis 2007 par le Hamas. Ce dernier attend également de l’Autorité palestinienne qu’elle reprenne le paiement de la facture d’électricité gazaouie.