6 octobre 2017

Tout s'explique

La croissance s’accélère en France

À quoi est due la révision à la hausse de la croissance de 2017 ?

L’Insee a relevé hier soir sa prévision de croissance pour 2017 de 1,6 % (sa dernière prévision en juin) à 1,8 %. Selon l’organisme de statistiques, le PIB a augmenté de 0,5 point au troisième trimestre (pour la troisième fois consécutive). Cette reprise, qui fait suite à plusieurs années de croissance faible (autour de 1 % ces trois dernières années), est qualifiée de « solide » par l’Insee. Elle tient d’abord à un environnement international favorable, marqué par la stabilisation des prix du pétrole à un niveau bas et la reprise du commerce mondial. L’investissement des entreprises a augmenté. Les exportations ont progressé (+3,3 % prévu sur l’année). Certains secteurs rebondissent particulièrement, comme l’agriculture (après la mauvaise météo de 2016), la construction (les demandes de logement augmentent) et le tourisme (après deux années de reflux lié aux craintes d’attentats).

Quels sont ses effets sur l’emploi ?

Le taux de chômage devrait refluer à 9,4 % en fin d’année, contre 10 % fin 2016 et 9,5 % fin juin, selon l’Insee. Les créations nettes d’emplois ralentissent au second semestre. Elles passeront à 41 000 emplois, contre 154 000 au premier semestre, prévoit l’institut. Ce ralentissement résulte de la fin de la prime à l’embauche dans les PME intervenue le 30 juin (4 000 euros sur deux ans pour l’embauche d’un salarié rémunéré jusqu’à 1 900 euros brut mensuels). Dans le secteur non marchand, l’emploi baisse fortement au second semestre « du fait de la réduction du nombre d’emplois aidés », précise l’Insee. Le gouvernement a en effet décidé de contenir le nombre de contrats aidés à 310 000 en 2017 (et 200 000 en 2018), après 459 000 en 2016.

Comment se portent les autres pays européens ?

La croissance économique en zone euro s’est élevée à 0,6 % au deuxième trimestre, selon l’estimation définitive d’Eurostat (la branche de la Commission européenne chargée des statistiques à l’échelle communautaire) publiée début septembre, après 0,5 % lors du premier trimestre. La France est donc proche de la moyenne de la zone. Les pays ayant enregistré la plus forte croissance au deuxième trimestre sont les Pays-Bas (1,5 %) et l’Estonie (1,3 %). L’Espagne a enregistré une croissance de 0,9 %, l’Allemagne de 0,6 % et, hors zone euro, le Royaume-Uni de 0,3 %. Au plan mondial, la directrice du FMI Christine Lagarde s’est félicitée hier d’un retour de la croissance. « On voit que la reprise mondiale, tant attendue, s’installe durablement », a-t-elle déclaré lors d’un discours à l’université de Harvard.