12 octobre 2017

Tout s'explique

Les prix des produits agricoles en débat

En quoi consistent les États généraux de l’alimentation ?

À l’occasion d’un point d’étape des États généraux de l’alimentation, Emmanuel Macron a présenté hier soir à Rungis (Val-de-Marne) ses projets de réforme de la filière agricole. Selon la Mutualité sociale agricole, 30 % des exploitants avaient un revenu inférieur à 350 euros par mois en 2016, contre 18 % en 2014. Lors de la campagne de la présidentielle, Emmanuel Macron avait annoncé l’organisation de ces États généraux réunissant les représentants des agriculteurs, des industriels, des distributeurs et des consommateurs « afin de définir un partage équilibré de la valeur ». Ces discussions, lancées le 20 juillet et auxquelles chacun peut participer en ligne, ont tout d’abord porté sur le prix des produits agricoles. Après la première phase qui s’est achevée hier, la seconde portera sur la promotion d’une alimentation saine et durable. Les conclusions sont attendues mi-décembre.

Que propose Emmanuel Macron pour mieux rémunérer les agriculteurs ?

Le président de la République a demandé aux producteurs de s’organiser par filières et de se regrouper « beaucoup plus massivement » pour « peser plus dans les négociations ». Il a annoncé que certains dispositifs d’aide seraient conditionnés à la taille des organisations de producteurs. Il a promis une réforme au premier semestre 2018 qui « pourra prendre la forme d’ordonnances pour aller plus vite », à l’image de celle du Code du travail. Cette loi aura notamment pour objectif de rééquilibrer les contrats entre agriculteurs et distributeurs. « Nous modifierons la loi pour inverser cette construction du prix qui doit pouvoir partir des coûts de production », a déclaré le chef de l’État. Il a demandé aux parties prenantes de s’engager dans ce sens dès les négociations commerciales annuelles qui doivent commencer en novembre, sans attendre la nouvelle loi.

Qu’est-ce que le seuil de revente à perte ?

Emmanuel Macron a annoncé un relèvement sous conditions du seuil de revente à perte. Ce prix plancher en dessous duquel les distributeurs ont interdiction de vendre est calculé à partir du prix facturé par les agriculteurs. Son mode de calcul a évolué à plusieurs reprises depuis la loi Galland de 1996. L’objectif était alors d’éviter des écarts de prix trop importants entre les grands distributeurs et les petits commerçants. La FNSEA, principal syndicat agricole, et la plupart des distributeurs avaient réclamé un relèvement de ce seuil pour permettre une meilleure rémunération des agriculteurs et redonner des marges à la distribution. Des associations de consommateurs, telle l’UFC-Que Choisir, et Leclerc s’y sont opposés, par crainte d’une hausse des prix, estimant notamment que rien ne garantit que les agriculteurs en bénéficient. Emmanuel Macron s’est dit favorable à son relèvement pour les produits alimentaires uniquement, mais demande en contrepartie que les producteurs fournissent des objectifs chiffrés à cinq ans pour chaque filière.