13 octobre 2017

Tout s'explique

Les États-Unis et Israël se retirent de l’Unesco

Que reprochent Israël et les États-Unis à l’Unesco ?

Les États-Unis se sont retirés hier de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Le département d’État américain (équivalent du ministère des Affaires étrangères) a expliqué sa décision en prônant « une réforme fondamentale de l’organisation » et en mettant en cause ses « partis pris anti-israéliens constants ». En juillet, les États-Unis avaient déclaré vouloir revoir leurs liens avec l’institution après la décision de cette dernière d’inscrire à son patrimoine mondial la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie, en l’attribuant à la Palestine. Celle-ci est membre de l’Unesco, mais n’est pas reconnue comme un État par l’ensemble de la communauté internationale. Israël a également annoncé hier son retrait de l’Unesco pour suivre les États-Unis, saluant leur « décision courageuse et éthique ».

Comment les États-Unis étaient-ils impliqués auprès de l’organisation ?

Le retrait des États-Unis ne sera effectif que fin 2018. Le département d’État américain souhaite conserver au-delà un statut d’observateur permanent pour pouvoir continuer à « apporter son point de vue et son expertise sur certaines questions importantes abordées par l’organisation ». Depuis 2011, les États-Unis n’étaient toutefois plus très impliqués au sein de l’Unesco. Ils avaient alors suspendu leur contribution financière – environ 80 millions de dollars par an, soit 22 % du budget annuel de l’institution – après la reconnaissance de la Palestine comme État membre. Cette décision a entraîné le retrait en 2013 de son droit de vote à la Conférence générale, qui détermine les orientations de l’Unesco et élit les membres de son conseil exécutif. Ce n’est pas la première fois que le pays se désengage. En 1984, il s’était déjà retiré de l’Unesco, lui reprochant d’être trop politisée, avant de la réintégrer en 2003.

À quoi sert l’Unesco ?

La directrice générale de l’organisation, Irina Bokova, a exprimé hier dans un communiqué son « profond regret » concernant la décision des États-Unis. « L’universalité est essentielle à la mission de l’Unesco pour construire la paix et la sécurité internationales face à la haine et à la violence, par la défense des droits de l’Homme et de la dignité humaine », a-t-elle ajouté. L’institution, qui comptait jusqu’ici 195 pays membres, a été créée en 1945 après la Seconde Guerre mondiale pour renforcer les liens internationaux, à travers plusieurs terrains d’action comme l’éducation, les sciences, la culture et la communication. Elle dirige ainsi plusieurs programmes d’alphabétisation, de réduction de la pauvreté, d’éducation à l’égalité des sexes, de préservation de la nature ou de soutien à la recherche scientifique. Depuis 1972, elle tient également une liste du patrimoine mondial à protéger.