17 octobre 2017

Tout s'explique

Rakka complètement reprise au groupe État islamique

Qui a repris la ville de Rakka au groupe État islamique ?

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont annoncé aujourd’hui avoir « totalement » repris au groupe État islamique la ville de Rakka au nord de la Syrie. L’offensive avait été lancée en juin. Les FDS sont issues d’une alliance formée fin 2015 par des combattants kurdes et arabes. Elles s’appuient notamment sur les Unités de protection du peuple (YPG), un groupe de combattants kurdes syriens. Les FDS sont soutenus par une coalition internationale, dirigée par les États-Unis et dont la France fait partie, qui leur fournit un soutien militaire aérien et des équipements. La bataille de Rakka a fait 3 250 morts, dont 1 130 civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une ONG proche de l’opposition syrienne.

Que représentait Rakka pour l’EI ?

La ville de Rakka constituait en Syrie le fief du groupe État islamique, qui en avait pris le contrôle en 2014. Elle représentait sa principale position depuis la chute de la ville irakienne de Mossoul en juillet, reprise par les forces gouvernementales. Était situé à Rakka l’ancien centre de commandement des opérations extérieures de l’EI. C’est de là qu’ont été orchestrés et dirigés plusieurs attentats menés en Europe. La perte de Rakka marque un nouveau recul pour le groupe État islamique, qui avait déjà perdu 70 % de son territoire entre octobre 2014 et juillet après la reprise de Mossoul. De nombreux dirigeants de l’organisation avaient déjà fui Rakka dès le début de l’offensive sur la ville.

Est-ce que cette reprise diminue les risques d’attentats ?

L’EI reste présent dans plusieurs villes irakiennes ou syriennes. Aujourd’hui, ses combattants sont principalement repliés sur les rives de l’Euphrate autour de la frontière irako-syrienne. Selon Wassim Nasr, journaliste spécialiste du djihadisme, interrogé par le Huffington Post, même si « à terme, l’État islamique perd tous ses territoires à cause de la pression militaire de la coalition », les djihadistes « vont reprendre le harcèlement, les assassinats dans les provinces pacifiées, les attaques ciblées ». Pour Jean-François Daguzan, spécialiste du terrorisme et directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, cité par Les Échos, Daech peut continuer à exercer son « magnétisme » auprès de personnes partout dans le monde « grâce à son adaptation à la propagande par Internet ».