18 octobre 2017

Tout s'explique

Ouverture du congrès du Parti communiste chinois

Quels sont les objectifs de ce congrès ?

Le 19e congrès du Parti communiste chinois (PCC) s’est ouvert aujourd’hui. Durant une semaine, 2 287 délégués sont réunis à Pékin afin de définir pour les cinq prochaines années la ligne politique de leur parti et les grandes orientations pour la Chine, où il constitue l’unique formation politique. De nombreux postes vacants sont à pourvoir dans les instances dirigeantes, notamment en raison d’une campagne anticorruption menée par le secrétaire général du parti et président chinois Xi Jinping. Cette campagne a eu pour effet d’écarter du parti ses principaux opposants. Les membres du comité central devront ainsi élire 12 des 25 membres du bureau politique et cinq des sept membres du comité permanent. Le congrès peut également être l’occasion de changements de la Constitution, comme l’inscription dans le texte des idées et théories de Xi Jinping.

Quel est le bilan de Xi Jinping ?

Secrétaire général du PCC depuis 2012, après avoir dirigé pendant un an le bureau politique du parti, Xi Jinping se prépare à être réélu à cette fonction par les membres du comité permanent. Le dirigeant chinois a ouvert le congrès par un discours dans lequel il a dressé le bilan de son premier mandat de cinq ans. Sur le plan économique, il a continué à favoriser la libéralisation de l’économie chinoise. Il a mis sur pied le projet des « nouvelles routes de la soie », finançant de nombreuses infrastructures en Asie. La croissance économique, qui s’établissait à 7,9 % en 2012, a néanmoins baissé à 6,7 % en 2016, son plus bas niveau depuis un quart de siècle. Les cinq dernières années sont également marquées par une restriction des libertés, avec une surveillance accrue d’Internet et une multiplication des arrestations de personnes soupçonnées de s’opposer au pouvoir central.

Quel rôle la Chine entend-elle jouer dans les relations internationales ?

Dans son discours, Xi Jinping a déclaré qu’il voulait faire entrer la Chine dans une « nouvelle ère » qui lui permettrait de « prendre une place encore plus centrale sur la scène internationale ». Il a promis que la république socialiste allait « s’ouvrir encore davantage » et qu’elle traiterait « équitablement » les entreprises étrangères sur son territoire, alors que le pays est régulièrement taxé de protectionnisme par l’Union européenne ou les États-Unis. Partenaire économique principal de la Corée du Nord, la Chine a accepté de voter des sanctions contre son voisin au Conseil de sécurité de l’ONU le 11 septembre, après la multiplication de ses essais balistiques et nucléaires depuis le début de l’année. En application de ces sanctions, les entreprises nord-coréennes établies en Chine devront cesser leur activité d’ici janvier.