20 octobre 2017

Tout s'explique

L’UE fait un geste envers le Royaume-Uni sur le Brexit

Comment le dossier du Brexit a-t-il avancé lors du Conseil européen ?

Les chefs d’État et de gouvernement des 27 pays membres de l’Union européenne se sont retrouvés hier et aujourd’hui à Bruxelles à l’occasion d’un Conseil européen principalement consacré aux négociations sur le Brexit. L’UE avait imposé en juin de conclure la première phase des discussions, portant sur les modalités de sortie du pays, avant d’entamer la seconde, relative aux futures relations avec le Royaume-Uni. Theresa May espérait un accord de ses homologues sur la première étape pour commencer les discussions sur la seconde. Le président du Conseil européen Donald Tusk a déclaré ce midi que les progrès dans les discussions n’étaient pas « suffisants ». Les États membres se sont néanmoins mis d’accord pour entamer des « discussions préparatoires internes » sur la deuxième phase.

Quels sont les points de blocage ?

En premier lieu, le Royaume-Uni refuse de payer ce que la Commission européenne considère comme la somme de ses engagements financiers : l’UE réclame autour de 60 milliards d’euros, mais le Royaume-Uni estime que cette somme est surévaluée. Dans ses conclusions, le Conseil européen affirme que les déclarations du Royaume-Uni selon lesquelles le pays « allait honorer les obligations financières qu’il a contractées » ne se sont « pas encore traduites en un engagement ferme et concret ». Emmanuel Macron a estimé à l’issue du sommet que le Royaume-Uni était « loin du compte ». Le Conseil européen demande également des garanties plus précises sur le futur statut des citoyens européens expatriés et le non-rétablissement d’une frontière physique avec l’Irlande.

Quelle opposition Theresa May rencontre-t-elle en interne ?

Theresa May rencontre des difficultés au sein de son parti sur la ligne à adopter concernant les négociations avec l’UE. Quatre anciens ministres conservateurs, dont l’ancien ministre des Finances Nigel Lawson, l’ont exhortée hier à cesser les négociations si l’UE continue de refuser de passer à la phase suivante concernant les futures relations et lui ont enjoint de revenir aux règles établies dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce, soit à l’instauration de droits de douane avec les pays du continent. Le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson refuse quant à lui toute période de transition après la sortie prévue en mars 2019, comme l’avait proposé Theresa May fin septembre lors d’un discours à Florence, en Italie. Elle avait alors suggéré une transition « d’environ deux ans » qui pourrait permettre au Royaume-Uni de se maintenir dans le marché unique en échange du respect d’autres règles européennes.