26 octobre 2017

Tout s'explique

Nouvelle élection présidentielle au Kenya

Dans quel contexte se déroule l’élection présidentielle au Kenya ?

Après l’annulation de l’élection présidentielle du 8 août, les Kényans étaient appelés à voter une seconde fois aujourd’hui. Plusieurs affrontements ont eu lieu entre les forces de l’ordre et des opposants empêchant l’accès à des bureaux de vote. Au moins trois personnes ont été tuées. Le 10 octobre, le principal candidat de l’opposition, Raila Odinga, avait annoncé qu’il renonçait à sa candidature, estimant que cette élection serait « pire que la précédente ». Hier, il a appelé ses partisans à boycotter le scrutin et à rester chez eux. La Cour suprême devait examiner hier un recours en justice visant à reporter l’élection, mais y a renoncé en raison de l’absence de cinq magistrats sur sept. L’un des juges a néanmoins affirmé que les présidents des centres de comptage avaient été nommés de manière illégale par la Commission électorale.

Pourquoi l’élection du 8 août avait-elle été annulée ?

L’élection du 8 août avait été remportée par le président sortant Uhuru Kenyatta, avec environ 54 % des voix. Mais la Cour suprême, saisie par Raila Odinga, a annulé le scrutin le 1er septembre, constatant des irrégularités dans la transmission des résultats par la Commission électorale. Elle lui a ordonné d’organiser une nouvelle élection présidentielle dans un délai de 60 jours, comme l’exige la Constitution. La date choisie, le 17 octobre, a ensuite été repoussée à aujourd’hui en raison d’un retard dans la mise en place du système électronique permettant la transmission des résultats. La Commission électorale, dont le président est nommé par le gouvernement, est soupçonnée par l’opposition d’avoir favorisé le pouvoir en place. L’une de ses huit membres a démissionné la semaine dernière, estimant que la commission ne pouvait garantir « une élection crédible ».

Qui incarne l’opposition dans le pays ?

Parmi les sept candidats qui s’étaient présentés le 8 août face au président Uhuru Kenyatta, au pouvoir depuis 2013 et fils du premier président du pays, seul Raila Odinga a obtenu un nombre significatif de voix (environ 44 %). Cet opposant historique au pouvoir en place est le fils d’Oginga Odinga, premier vice-président du pays puis opposant. Raila Odinga s’était déjà présenté, sans jamais sortir vainqueur, aux élections présidentielles de 1997, 2007 et 2013. En 2007, il avait dénoncé des fraudes et de violents affrontements avaient suivi, faisant 1 200 morts. Il était finalement devenu Premier ministre en 2008 dans un gouvernement de coalition, un poste qui a depuis été supprimé. En 2013, il avait saisi la Cour suprême pour contester les résultats, mais sa demande avait été déboutée.