27 octobre 2017

Tout s'explique

Condamnation en France dans une affaire des biens mal acquis

De quoi Teodorin Obiang est-il reconnu coupable ?

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné aujourd’hui Teodorin Obiang, vice-président de la Guinée équatoriale et fils du président en place depuis 1979, à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende avec sursis. Il s’agit de la première condamnation en France d’un dirigeant africain dans une affaire de biens mal acquis. Teodorin Obiang est reconnu coupable de blanchiment d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d’abus de confiance et de corruption. Il lui est reproché d’avoir acquis ainsi de manière frauduleuse des biens et du patrimoine en France, dont un immeuble de près de 3 000 m2 avenue Foch à Paris, acquis pour 25 millions d’euros, ainsi que des voitures de luxe ou des œuvres d’art. En 2014, Teodorin Obiang, poursuivi pour des raisons similaires aux États-Unis, était parvenu à un arrangement en vendant plusieurs de ses biens acquis sur le territoire américain.

Quelle est la situation de la famille Obiang au pouvoir en Guinée équatoriale ?

Teodorin Obiang a cumulé plusieurs postes de pouvoir en Guinée équatoriale : ministre de l’Agriculture et des Forêts à partir de 1998, il devient second vice-président en 2012, puis premier vice-président en 2016. Son père, Teodoro Obiang, réélu président en avril avec 93,7 % des voix, est au pouvoir depuis 1979. Il avait alors renversé son oncle, à la tête de l’État depuis 1968. La fortune de Teodoro Obiang a été estimée en 2006 à 600 millions de dollars par le magazine américain Forbes, qui révélait alors qu’après la découverte de gisements de pétrole dans le pays dans les années 1990, devenus la principale richesse du pays, Obiang avait déposé de l’argent aux États-Unis. Selon le Programme des Nations unies pour le développement, la Guinée équatoriale est classée à la 135e place sur 188 pays en matière de développement.

Sur quoi portent les autres affaires de biens mal acquis en cours en France ?

La branche française de Transparency International et l’ONG Sherpa, les deux organisations de lutte contre la corruption à l’origine du procès de Teodorin Obiang, avaient également déposé plainte en 2008 en France contre deux autres chefs d’État africain, le président du Congo-Brazzaville Denis Sassou-Nguesso et le président gabonais Omar Bongo (mort en 2009), et contre plusieurs membres de leur entourage. L’instruction sur le volet gabonais est terminée, ont annoncé les ONG en septembre. Les juges ont transmis le dossier au parquet national financier. L’enquête révélait que l’ancien chef d’État et sa famille avait accumulé 68 millions d’euros de biens mobiliers et immobiliers de manière frauduleuse en France. L’ancien président de la Centrafrique François Bozizé est également poursuivi en France.