• Accord européen sur le travail détaché. Les ministres du Travail et des Affaires sociales des pays membres de l’Union européenne ont trouvé un accord lundi soir sur la révision de la directive concernant les travailleurs détachés, signée en 1996. Ils ont fixé une limite de 12 mois pour le recours au travail détaché, avec une dérogation possible de six mois supplémentaires, et prévoient également « un salaire égal, à travail égal, sur un même lieu de travail », au lieu du respect du salaire minimum du pays d’accueil imposé jusqu’ici. Séverine Picard, juriste à la Confédération des syndicats européens souligne dans La Croix les manques du texte : « Il n’interdit pas les “cascades” de sous-traitants – qui suscitent des fraudes, car elles empêchent de retracer et contrôler le parcours des travailleurs détachés. Et puis, le transport routier a été laissé de côté alors que c’est un secteur éminemment sensible au dumping social. »

  • Report du vote sur le glyphosate. Le Parlement européen a voté mardi une résolution non contraignante demandant l’interdiction progressive d’ici 2022 du glyphosate, l’herbicide le plus utilisé dans le monde. La Commission européenne a reporté mercredi le vote des représentants des États membres sur le renouvellement de l’homologation de la molécule qui expire le 15 décembre. Interrogé par l’AFP, Christian Huyghe, directeur scientifique de l’agriculture à l’Institut national de la recherche agronomique, estime que si la fin du glyphosate est actée, il faudra alors « remplacer une solution simple – un produit chimique – par une combinaison d’autres leviers », ce qui « est toujours compliqué en termes de transition ». Selon lui, un délai se situant « autour de cinq ans » devrait cependant « être jouable ».

  • Xi Jinping réélu. Le président chinois Xi Jinping a été reconduit mercredi à son poste de secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC) pour un deuxième mandat de cinq ans, lors de la clôture du 19e congrès du parti. Les membres du congrès ont voté en faveur de l’inscription de son nom et de sa doctrine dans la charte du PCC, ce qui lui permet d’obtenir un statut similaire à ceux de Mao Zedong et Deng Xiaoping. Valérie Niquet, responsable du département Asie à la Fondation pour la recherche stratégique, affirme dans La Croix que cette mention récompense « son obstination à redonner à la Chine et au parti leur gloire des années 1950, quand le pays s’est relevé et est sorti de son isolement ». Mais Xi Jinping est parvenu à cela en « accentuant plus que jamais son contrôle sur toute la société ».

  • Élection présidentielle au Kenya. Les Kényans étaient appelés à voter une seconde fois pour l’élection présidentielle jeudi, après le premier scrutin du 8 août annulé par la Cour suprême début septembre. Principal adversaire du président sortant Uhuru Kenyatta, Raila Odinga a invité mercredi ses soutiens à boycotter cette « parodie d’élection » et à rester chez eux. Des affrontements ont eu lieu entre des forces de l’ordre et des opposants, faisant au moins six morts, principalement dans la capitale Nairobi et dans des comtés de l’ouest du pays, bastions de l’opposition. En réaction, la Commission électorale a d’abord reporté le scrutin dans ces régions à aujourd’hui, avant de déclarer hier qu’elle le décalait « à une date qui sera annoncée dans les prochains jours ».

  • La Catalogne déclare son indépendance. Le Parlement catalan a voté hier une résolution affirmant que la Catalogne devenait un « État indépendant prenant la forme d’une République ». En réaction, le Sénat espagnol a voté l’application de l’article 155 de la Constitution qui permet au gouvernement de prendre des « mesures nécessaires » pour contrôler la région. Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a annoncé hier soir la dissolution du Parlement catalan, la destitution du président catalan Carles Puigdemont et la convocation de nouvelles élections régionales le 21 décembre. Benoît Pellistrandi, historien spécialiste de l’Espagne contemporaine, estime dans L’Express que la situation peut encore se détériorer : « On peut imaginer que le gouvernement s’enferme dans les locaux de la Generalitat à Barcelone pour attendre la Guardia Civil (police espagnole). D’ailleurs c’est toute la stratégie des indépendantistes : pousser à la faute l’État central pour créer l’adhésion autour de leur démarche. De telles images donneraient à ce conflit une envergure internationale. »