31 octobre 2017

Tout s'explique

L’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection américaine

Les anciens conseillers de Trump inculpés le sont-ils pour leurs activités pendant la campagne ?

Paul Manafort, qui a dirigé la campagne de Donald Trump de mai à août 2016, et son associé Rick Gates ont été inculpés hier dans l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine pour des faits antérieurs à la campagne. Paul Manafort l’est notamment pour blanchiment et non-déclaration de comptes détenus à l’étranger. En revanche, George Papadopoulos, un jeune volontaire ayant travaillé dans l’équipe du candidat républicain, l’est pour avoir menti aux enquêteurs sur des événements survenus pendant la campagne. Celui-ci avait noué des contacts avec des intermédiaires russes. L’un d’eux lui avait affirmé en avril 2016 détenir des « milliers d’e-mails » susceptibles de « salir » la candidate démocrate Hillary Clinton. Arrêté en juillet, George Papadopoulos a admis avoir menti lors d’un premier interrogatoire avec le FBI six mois plus tôt sur la chronologie et le contenu de ces échanges.

Ces inculpations sont-elles inquiétantes pour Donald Trump ?

Réagissant sur Twitter, Donald Trump a affirmé que les faits reprochés à Paul Manafort remontaient à « des années ». La porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Huckabee-Sanders, a insisté hier soir sur le rôle limité de George Papadopoulos au sein de l’équipe de campagne. Cependant, ces inculpations ne sont qu’une étape dans l’enquête du procureur spécial Robert Mueller. Le département de la Justice l’avait nommé le 17 mai, après le limogeage du directeur du FBI James Comey par Donald Trump. George Papadopoulos a accepté de plaider coupable et d’aider les enquêteurs. « Si Manafort poursuit son intérêt propre, mon pari est qu’il parlera, écrit le chroniqueur du New York Times Nicholas Kristof. Ensuite, cela peut devenir une cascade : il témoigne contre d’autres, qui à leur tour sont sous pression pour témoigner contre d’autres encore. »

Quels sont les faits connus ?

Les agences de renseignement américaines ont accusé la Russie en octobre 2016, un mois avant l’élection présidentielle, d’avoir piraté et diffusé pendant la campagne des e-mails de proches conseillers de Hillary Clinton dans le but de la discréditer. « Vladimir Poutine a ordonné une campagne visant à influencer l’élection américaine de 2016 », ont ensuite affirmé le FBI, la CIA et la NSA dans un rapport rendu public le 6 janvier. À ce stade, les enquêtes ne font pas état d’une collusion avec l’équipe de campagne de Donald Trump. Le 11 juillet, le fils aîné du président américain, Donald Trump Jr., a reconnu avoir rencontré une avocate russe qui lui avait promis des informations pouvant nuire à Hillary Clinton, mais assure qu’il n’y a pas eu de suite.