8 novembre 2017

Tout s’explique

L’objectif de réduction du recours au nucléaire repoussé

Que prévoyait la loi de transition énergétique ?

Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a estimé hier que la France ne pourrait pas ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % en 2025 comme prévu dans la loi sur la transition énergétique. Dans la soirée, il a déclaré sur Public Sénat qu’il allait travailler sur « l’échéance de 2030 ou 2035 ». Votée en juillet 2015, la loi sur la transition énergétique fixe des objectifs pour une meilleure efficacité dans « la lutte contre le dérèglement climatique » et « la préservation de l’environnement ». Outre l’objectif de 50 % pour le nucléaire en 2025 (contre 72 % en 2016), elle vise, entre autres, une augmentation à 32 % de la part des énergies renouvelables (hydraulique, éolien, photovoltaïque, bioénergies) dans la consommation d’énergie en 2030 (contre 19,6 % en 2016) et une réduction de moitié de la consommation totale d’énergie du pays d’ici 2050.

Qu’est-il prévu pour les énergies fossiles ?

En juillet, Nicolas Hulot a présenté un plan climat visant à respecter l’accord de Paris de 2015 sur la limitation des émissions polluantes et prévoyant notamment la fermeture des dernières centrales à charbon d’ici 2022. Le recours aux énergies fossiles (charbon, fioul, gaz), émettrices de CO2, représente aujourd’hui en France 8,6 % de la production d’électricité. Selon Nicolas Hulot, atteindre 50 % de nucléaire en 2025 se ferait « au détriment de la fermeture des centrales à charbon » et « de nos objectifs climatiques ». Le ministre s’appuie sur un rapport publié hier par RTE, la filiale d’EDF qui assure le transport d’électricité haute tension, selon lequel cet objectif de 2025 « conduit systématiquement à une augmentation des émissions de CO2 du système électrique français ».

Où en est la France dans les énergies renouvelables ?

La France est distancée par 15 des 28 pays de l’Union européenne dans la consommation d’énergies renouvelables, selon l’institut européen de statistiques Eurostat. Représentant 12 % de la production d’électricité, l’hydraulique était en 2016 la première énergie renouvelable en France, suivi de l’éolien (3,9 %). RTE, qui passe en revue dans son rapport différents scénarios, estime que la France devra être dotée de 12 500 à 16 500 éoliennes terrestres et maritimes d’ici 2035, contre 6 500 aujourd’hui. Dans le solaire, une multiplication par 5 à 7 de la capacité des panneaux photovoltaïques est requise. Président du Syndicat des énergies renouvelables, Jean-Louis Bal a déploré en octobre sur Franceinfo « la longueur des procédures » pour l’installation de nouvelles éoliennes et dénoncé « une stratégie de guérilla juridique menée par les associations anti-éoliennes ».