14 novembre 2017

Tout s’explique

Le Venezuela déclaré en défaut de paiement

Que signifie le défaut partiel déclaré sur la dette du Venezuela ?

L’agence de notation S&P Global Ratings a affirmé hier que le Venezuela était dans l’incapacité de rembourser 200 millions de dollars et déclaré le pays « en défaut partiel » sur sa dette. Cette annonce est intervenue quelques heures après une réunion, à Caracas, de créanciers internationaux du pays qui s’est achevée sans accord. Un pays est déclaré en défaut lorsqu’il ne peut pas rembourser les emprunts (ou obligations) qui arrivent à échéance ou lorsqu’il ne peut plus verser les intérêts à ses créanciers. Un défaut partiel (ou sélectif) porte sur une partie de sa dette. Les créanciers, les agences de notation ou les États eux-mêmes peuvent déclarer un défaut de paiement. Le dernier défaut de paiement total a été celui de l’Argentine en 2001, à hauteur de 100 milliards de dollars, plongeant le pays dans la récession.

Quelles sont les raisons de la crise économique vénézuélienne ?

Pays pétrolier, le Venezuela n’a pas profité de cette manne pour diversifier son économie ou constituer des réserves financières. Au pouvoir entre 1999 et 2013, Hugo Chavez a développé des programmes sociaux permettant de diminuer le taux de pauvreté. La chute des cours du pétrole en 2009 puis en 2013 a provoqué une baisse des revenus et asséché les réserves de devises nécessaires pour permettre le paiement des importations, causant de graves pénuries de nourriture et de médicaments et contribuant à une hyperinflation. En quatre ans, le PIB du Venezuela a chuté de 36 %, selon un chiffre cité par l’AFP. La situation s’accompagne d’une crise politique marquée au printemps par des manifestations de l’opposition dont la répression a fait 125 morts. Le pays cherche à restructurer sa dette estimée entre 110 et 150 milliards de dollars, tandis que ses réserves en devise sont de l’ordre de 10 milliards de dollars à peine selon la banque centrale.

De quelle marge de manœuvre dispose Nicolas Maduro ?

Le gouvernement doit rembourser plus de 8 milliards de dollars d’obligations de l’État et de la compagnie pétrolière nationale en 2018. 74 % des détenteurs d’obligations vénézuéliennes sont américains ou canadiens, selon les chiffres officiels. Or, en août, le président américain Donald Trump a signé un décret interdisant aux créanciers américains de participer à toute nouvelle transaction sur la dette vénézuélienne. Nicolas Maduro, président de la République depuis 2013, mise sur le soutien de la Russie et de la Chine, pays auxquels le Venezuela doit respectivement 8 milliards et 28 milliards de dollars. L’ambassade du Venezuela à Moscou a annoncé la tenue d’une conférence de presse demain pour « informer de la signature des accords sur la restructuration de la dette vénézuélienne avec la Russie ».