17 novembre 2017

C'est leur avis

Le mauvais calcul de l’Arabie saoudite

Aurélie Daher, historienne spécialiste du Proche-Orient, estime dans Libération que l’Arabie saoudite a échoué dans sa stratégie en organisant la démission du Premier ministre libanais Saad Hariri.

« À en croire les déclarations des responsables saoudiens, comme les analyses de la presse saoudienne et de celle du Golfe, la démission forcée de Saad Hariri visait à créer un choc salutaire. En sortant le principal leader de la communauté sunnite du gouvernement libanais, l’Arabie pousserait les sunnites, gonflés à bloc par un soutien saoudien réitéré avec éclat, à choisir la confrontation avec la communauté chiite, et plus spécifiquement le Hezbollah. […] Pourtant, la démission surprise de Hariri n’allait pas avoir les résultats escomptés. Non seulement les militants sunnites et chiites sont restés calmes, mais la classe politique, y compris au sein du camp de Hariri, déplorait en chœur cette démission. […] Le royaume a dû se rendre à l’évidence : forcer Hariri à la démission était une mauvaise idée. » Aurélie Daher