20 novembre 2017

Tout s'explique

Échec des négociations pour une coalition en Allemagne

Pourquoi Angela Merkel a-t-elle échoué à former une coalition ?

Angela Merkel a concédé cette nuit qu’elle n’était pas parvenue à former une coalition gouvernementale avec le parti libéral FDP et les Verts, après l’annonce du retrait du FDP des négociations. La dirigeante du parti chrétien-démocrate CDU briguait un quatrième mandat à la chancellerie et s’était tournée vers ces deux formations pour obtenir une majorité au Bundestag, après les élections législatives du 24 septembre. Son parti, avec son allié bavarois de la CSU, avait réalisé son plus faible score depuis 1949. Les négociations ont échoué en raison de désaccords concernant l’immigration en Allemagne, après la proposition par Angela Merkel d’instaurer un plafond d’accueil, et la réduction des émissions de CO2. Angela Merkel est chargée de gérer les affaires courantes tant que la situation n’est pas dénouée.

Quel rôle joue le président de la République ?

Angela Merkel s’est entretenue cet après-midi avec le président allemand Frank-Walter Steinmeier. Selon la Constitution allemande, il doit arbitrer cette situation, car c’est lui qui propose un chancelier au vote du Bundestag. Depuis 1949, tous les chanceliers allemands ont été ainsi élus par les députés. En cas d’échec de ce vote, la Constitution prévoit 14 jours pour que les députés se mettent d’accord sur une nouvelle personne. S’ils ne parviennent pas à une majorité absolue, le président de la République peut la nommer malgré tout ou dissoudre le Bundestag. À l’issue de sa rencontre avec Angela Merkel, Frank-Walter Steinmeier n’a pas évoqué ces possibilités et a invité l’ensemble des partis à discuter. Il a annoncé qu’il s’entretiendrait avec leurs leaders dans les prochains jours, estimant que « l’incompréhension et l’inquiétude seraient grandes » en Europe « si les forces politiques n’exerçaient pas leurs responsabilités ».

Quelles autres solutions sont envisageables ?

Angela Merkel avait fermement rejeté fin août la possibilité de diriger avec le parti d’extrême droite AfD ou le parti de gauche Die Linke. Le parti social-démocrate SPD, avec lequel elle a gouverné lors de son premier et de son troisième mandat, a réitéré aujourd’hui sa volonté de ne pas participer à une nouvelle coalition et a appelé à de nouvelles élections. Si de nouvelles négociations échouent, un gouvernement minoritaire, soit avec le FDP, soit avec les Verts, peut être soumis au Bundestag par la dirigeante de la CDU. Or, cette dernière a déclaré cet après-midi qu’elle préférerait de nouvelles élections à un tel cas de figure. Celles-ci se dérouleraient alors dans les deux mois suivants la dissolution du Bundestag par le président allemand.