23 novembre 2017

C'est leur avis

Une justice insuffisante pour la Bosnie-Herzégovine

Le chef de l’armée serbe de Bosnie Ratko Mladic a été condamné hier à la prison à perpétuité par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. L’ancienne journaliste Janine di Giovanni, qui a couvert plusieurs conflits, dont celui de la Bosnie-Herzégovine, estime dans le New York Times que cette cour n’a pas eu un rôle à la hauteur des atrocités commises.

« Le tribunal contre les crimes de guerre, créé en 1993, a mis en accusation plus de 160 personnes. La sentence contre Mladic est la dernière, l’aboutissement de 5 000 témoins donnant des récits terrifiants de ce qui s’est passé dans ces jours sombres. Mais c’est un nombre infime comparé à celui des femmes qui ont été violées, des villages qui ont subi un nettoyage ethnique, l’humiliation et l’agonie de ceux dont la vie s’est interrompue pendant que la guerre s’éternisait. […] Quel message ce processus envoie-t-il aux victimes de conflits actuels ? Pour ceux qui vivent les crises en Syrie, au Zimbabwe, au Yémen ? Le verdict de M. Mladic, qui a nécessité 22 ans, va-t-il inspirer l’espoir que la justice peut être rendue avec équité et sans délai ? Je ne le crois pas. » Janine di Giovanni