24 novembre 2017

Tout s'explique

Un nouveau président au Zimbabwe

Qui est Emmerson Mnangagwa ?

Emmerson Mnangagwa a été investi président du Zimbabwe ce matin au cours d’une cérémonie dans la capitale Harare. Il succède à Robert Mugabe, au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1980, qui a présenté sa démission mardi. L’arrivée au pouvoir d’Emmerson Mnangagwa intervient après un coup d’État orchestré par l’armée, dans la nuit du 14 au 15 novembre. Âgé de 75 ans, cet ancien combattant de la guerre d’indépendance fait partie des proches de l’ex-dirigeant. Ancien ministre (Sécurité d’État, Justice, puis Finances), il était vice-président depuis 2014 avant d’être démis de ses fonctions début novembre pour « manque de loyauté ». Son départ du gouvernement est lié à une lutte au sein du parti au pouvoir Zanu-PF pour la succession de Robert Mugabe. Les cadres du mouvement s’étaient divisés entre les soutiens de Grace Mugabe, la femme du président, et ceux d’Emmerson Mnangagwa.

Que pense l’opposition de ce changement de président ?

La Zanu-PF avait appelé les « Zimbabwéens de tous bords » à assister à la cérémonie, mais le principal parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), n’était pas convié. Le chef du MDC, Morgan Tsvangirai, a affirmé mardi que la démission de Robert Mugabe constituait « un moment historique » pour le pays. Hier, il a plaidé pour la création d’un gouvernement d’union nationale jusqu’à l’élection présidentielle, prévue en 2018, rapporte l’AFP. Candidat contre Robert Mugabe en 2002 et en 2008, puis Premier ministre dans un gouvernement d’union nationale entre 2009 et 2013, il avait annoncé en août une coalition avec d’autres formations de l’opposition en vue de défier Robert Mugabe lors de la prochaine élection. Emmerson Mnangagwa est désormais le nouveau candidat officiel de la Zanu-PF.

Quel rôle joue la Chine au Zimbabwe ?

Le lendemain de la démission de Robert Mugabe, mercredi, la Chine a rendu hommage à son « bon ami », dont elle a été un soutien avant même l’indépendance. Quelques jours avant le coup d’État, le chef d’état-major de l’armée zimbabwéenne avait rencontré à Pékin le commandant des forces terrestres chinoises et le ministre de la Défense chinois. La Chine a nié avoir joué un rôle dans les récents événements au Zimbabwe, déclarant lundi que toute information dans ce sens était vouée à « semer la discorde » avec l’un de ses principaux partenaires en Afrique. Entre 2000 et 2013, les échanges entre les deux pays ont doublé. Durant cette période, la Chine a investi plus de 600 millions de dollars principalement dans le secteur de la construction, des mines et des télécommunications. Depuis 2015, le yuan chinois est reconnu comme une des monnaies officielles du Zimbabwe.