29 novembre 2017

Tout s'explique

Nouveau tir de missile nord-coréen

Quelle est la spécificité du dernier tir de missile coréen ?

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a déclaré ce matin que son pays était devenu un État nucléaire à part entière et avait « finalement réalisé cette grande cause historique » après un nouveau tir de missile intercontinental. D’après l’armée sud-coréenne, le missile tiré en cloche dans la nuit a atteint une altitude de 4 500 km et a parcouru 960 km avant de tomber au large du Japon. Le même modèle, en tir tendu, est susceptible de parcourir plus de 13 000 km, estime David Wright, un chercheur spécialiste des armements, et ainsi de toucher l’ensemble du territoire américain. Cependant, la Corée du Nord, qui a mené son sixième essai nucléaire le 3 septembre, n’a pas démontré à ce stade sa capacité à miniaturiser des bombes nucléaires pour les monter sur ses missiles et à maîtriser leur rentrée dans l’atmosphère depuis l’espace.

Une réponse militaire est-elle exclue ?

Le président américain Donald Trump a plusieurs fois menacé la Corée du Nord d’un conflit. Cependant, la stratégie des États-Unis repose jusqu’ici sur un durcissement des sanctions contre le régime et un appel à la Chine pour user de son influence sur son voisin. Le secrétaire d’État (l’équivalent du ministre des Affaires étrangères) Rex Tillerson a renouvelé son appel à « la voie diplomatique ». L’hypothèse d’une réponse militaire laisse craindre une réaction de l’armée nord-coréenne qui pourrait attaquer la capitale sud-coréenne, Séoul, située à une quarantaine de kilomètres de la frontière. « Il n’y a pas d’option militaire réaliste s’il s’agit de frapper la Corée du Nord, car cela provoquerait probablement une guerre à grande échelle », estimait ainsi en septembre Mark Fitzpatrick, un chercheur américain spécialisé dans le nucléaire interrogé par l’AFP.

Y a-t-il un risque de prolifération nucléaire ?

Le régime nord-coréen poursuit officiellement son programme d’armement nucléaire pour prévenir toute intervention extérieure sur son territoire. « Le programme nucléaire est devenu une des garanties de la survie du régime », expliquait en septembre à Brief.me Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, spécialiste des deux Corée. Cependant, un autre chercheur, Bruno Hellendorff, spécialiste des questions de défense et de sécurité en Asie-Pacifique, estime dans une interview à la radio internationale allemande Deutsche Welle que la Corée du Nord pourrait devenir une source d’approvisionnement en armes nucléaires « de premier ordre » et pourrait fournir des « groupes potentiellement non étatiques » et « terroristes ».