30 novembre 2017

Tout s'explique

Le succès des monnaies numériques

Comment fonctionne le bitcoin ?

La valeur du bitcoin, une monnaie électronique permettant des transactions confidentielles, a fortement fluctué cette semaine, atteignant 11 000 dollars hier, avant de se replier aujourd’hui au-dessus de 9 000 dollars. Le cours était de 1 000 dollars pour un bitcoin au début de l’année. Créée en 2009 par un inventeur (ou un collectif de développeurs) inconnu, cette monnaie est émise informatiquement et échangée via des sites spécialisés sur Internet. Elle ne dépend pas d’un organisme tel qu’une banque centrale et n’a pas de cours légal. La quantité de bitcoins émis ne pourra pas dépasser un certain plafond, fixé lors de sa création. Toutes les transactions sont enregistrées dans un registre informatique décentralisé via une technologie sécurisée appelée blockchain. D’autres monnaies du même type, dites « cryptomonnaies » (Ethereum, Ripple, Litecoin, Dash, etc.) connaissent aussi une forte hausse depuis le début de l’année.

Qui l’utilise ?

Selon un centre de recherche de l’université de Cambridge (Royaume-Uni), le nombre de possesseurs de cryptomonnaies est estimé entre 2,9 millions et 5,8 millions, le bitcoin représentant 72 % du volume existant. Certaines entreprises, comme Expedia ou Showroomprivé, autorisent les paiements en bitcoin. Cette monnaie garantissant un relatif anonymat, elle sert aussi pour des opérations de fraude ou de blanchiment. « La grande majorité des utilisateurs – je dirais entre 80 % ou 90 % – l’utilisent pour des raisons d’investissement », estime cependant Garrick Hileman, l’un des chercheurs de Cambridge travaillant sur le sujet, interrogé par la BBC. Des entreprises recourent également aux cryptomonnaies pour lever des fonds, des opérations peu encadrées qui ont dépassé 3 milliards de dollars en 2017, selon le site spécialisé Coindesk.

Pourquoi la valeur du bitcoin flambe-t-elle ?

De plus en plus de fonds d’investissement et de particuliers sont attirés par la perspective d’une plus-value. En octobre, la bourse de Chicago a annoncé le lancement d’ici la fin de l’année de produits dérivés basés sur le bitcoin (permettant d’en acheter ou d’en vendre à terme à un prix fixé à l’avance). Selon le Wall Street Journal et l’agence Reuters, le Nasdaq, le compartiment de la Bourse de New York réservé aux nouvelles technologies, envisage également de permettre aux investisseurs de spéculer sur le bitcoin via des produits dérivés dès 2018. Dans une tribune publiée aujourd’hui par le Financial Times, le prix Nobel d’économie français Jean Tirole met en garde contre le phénomène spéculatif actuel. Il estime que « dans la durée, le bitcoin est une pure bulle, un actif sans valeur intrinsèque – son prix pourrait tomber à zéro si la confiance disparaît ».