1er décembre 2017

Tout s'explique

La Nouvelle-Calédonie prépare son référendum

Pourquoi l’élection d’un président était-elle bloquée en Nouvelle-Calédonie ?

Le gouvernement de Nouvelle-Calédonie est parvenu aujourd’hui à élire son président après trois mois de blocage. Le représentant du centre droit, Philippe Germain (Calédonie ensemble, non indépendantiste), a été reconduit grâce à l’appui des indépendantistes. Des désaccords au sein de la droite anti-indépendantiste, pourtant majoritaire, étaient à l’origine du blocage. Depuis début septembre, le gouvernement se contentait d’expédier les affaires courantes. L’accord intervient quelques heures avant l’arrivée du Premier ministre, Édouard Philippe, prévue ce soir. Cette visite de quatre jours a pour but de préparer l’organisation fin 2018 d’un référendum d’autodétermination. Dans une déclaration commune, 10 des 11 membres du gouvernement affirment vouloir « ouvrir un dialogue approfondi entre les formations indépendantistes et non indépendantistes afin de préparer l’échéance du référendum et son lendemain ».

Comment s’organise le référendum d’autodétermination ?

En 1988, les accords de Matignon entre indépendantistes et anti-indépendantistes, qui mettaient un terme à plusieurs années de violence, prévoyaient un référendum d’autodétermination 10 ans plus tard. Les deux parties ont décidé en 1998 de le repousser. L’accord de Nouméa alors signé prévoit qu’il ait lieu avant novembre 2018. Début novembre, Édouard Philippe est parvenu à mettre les deux parties d’accord sur la question de la composition des listes électorales. Le député Philippe Gomès, fondateur du parti Calédonie ensemble, craint dans une interview à Libération que le référendum, dont il reste à préciser l’intitulé de la question, ravive les tensions qui se sont apaisées depuis 30 ans : « Une partie des Calédoniens l’appréhende, car ce scrutin va les réduire à ce qui les oppose », déclare-t-il.

Quel est le statut de l’archipel ?

L’archipel, peuplé de 269 000 habitants, jouit d’une large autonomie. Cette collectivité dite « à statut particulier » vote ses propres lois dans de nombreux domaines, hormis ceux qui touchent aux compétences régaliennes (justice, ordre public, défense, monnaie et affaires étrangères). Rapporteur à l’Assemblée nationale en 2015 d’une mission d’information sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, l’ancien ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas, préconise dans un rapport publié en juillet une solution d’État associé ou d’État fédéré. Interrogé par Le Monde en septembre, il fait le « pari que l’on peut arriver à trouver quelque chose qui n’existe pas » et qui puisse convenir à la fois aux « non-indépendantistes partisans d’une très large dévolution des pouvoirs » et à « une partie des indépendantistes soucieuse de maintenir un lien fort avec la France ».