4 décembre 2017

Tout s'explique

Les nationalistes en tête des élections en Corse

À quoi servent les élections territoriales en Corse ?

Près de 234 000 Corses étaient invités hier à choisir les conseillers de l’Assemblée de Corse dans le cadre du premier tour des élections territoriales. La liste nationaliste Pè a Corsica est arrivée en tête avec 45,36 % des voix (mais avec seulement 52,17 % de participation). Elle devance celles de la droite régionaliste, de LR et de LREM, qui seront également présentes au second tour le 10 décembre. Les 63 membres de la future assemblée seront chargés de désigner un conseil exécutif pour diriger la nouvelle collectivité territoriale qui sera mise en place le 1er janvier. Créée par la loi de 2015, cette nouvelle entité, qui fusionnera les deux départements de l’île et l’ancienne collectivité territoriale, disposera de l’ensemble de leurs compétences (éducation, transports, aménagement du territoire, environnement, etc.).

Comment le vote nationaliste a-t-il évolué sur l’île ?

Les deux principales formations nationalistes corses sont le parti autonomiste Femu a Corsica (FC) et le parti indépendantiste Corsica Libera (CL), rassemblées au sein de la coalition Pè a Corsica. Ces partis ont remporté leurs premières victoires électorales après le dépôt des armes en 2014 du Front de libération nationale corse. En 2014, Gilles Simeoni (FC) a été élu maire de Bastia. Un an plus tard, les deux partis, pour la première fois associés, ont dominé les élections territoriales, avec 35,34 % des suffrages. Gilles Simeoni a alors été désigné président du conseil exécutif, tandis que Jean-Guy Talamoni, à la tête de CL, a été élu président de l’Assemblée de Corse. Un autre parti nationaliste, U Rinnovu, a remporté hier 6,69 % des voix, ce qui porte le vote nationaliste lors de ce premier tour à plus de 50 % des voix.

La coalition nationaliste réclame-t-elle l’indépendance ?

Si Corsica Libera milite originellement pour l’indépendance de la Corse, le parti a renoncé à cet objectif dans le cadre d’un accord stratégique de mandature de 10 ans signé avec Femu a Corsica en septembre, en vue des élections territoriales. Dans celui-ci, ils ne réclament pas l’indépendance de la Corse, mais la création d’ici trois ans d’un « statut d’autonomie de plein droit et de plein exercice » et son application dans les 10 ans à venir. Dans son programme, la coalition précise que ce statut devra reconnaître à la Corse la possibilité de « légiférer dans tous les champs essentiels de l’action publique », tandis que les domaines régaliens (défense, justice, législation, fiscalité) pourront continuer à être gérés par l’État et les compétences communautaires par l’Union européenne.