5 décembre 2017

Tout s'explique

La mort de l’ancien président du Yémen Ali Abdallah Saleh

Qui était Ali Abdallah Saleh ?

L’ancien président du Yémen Ali Abdallah Saleh a été tué hier par des rebelles houthis, avec qui il avait noué une alliance. Président de la République arabe du Yémen (Yémen du Nord) de 1978 à 1990, il a dirigé le pays à la suite de la réunification des deux Yémen en 1990. En 2011, il a fait face à une vague de contestation, comme d’autres pays (Tunisie, Égypte) dans le cadre des révolutions arabes. Après avoir été victime d’une tentative d’assassinat, il a accepté, sous la pression de plusieurs pays du Golfe, un plan de transition prévoyant son départ en échange d’une immunité et démissionné de ses fonctions début 2012, au profit de son vice-président, Abdrabbo Mansour Hadi.

Quelle alliance avait-il nouée avec les rebelles houthis ?

En mars 2015, les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, s’emparent de la capitale Sanaa. Les troupes de l’armée restées fidèles à Saleh montrent peu de résistance et, ensemble, ils contraignent Hadi à l’exil. L'Arabie saoudite, où ce dernier s'est réfugié, déclenche une intervention au Yémen à l’aide d’une coalition de pays arabes. Saleh annonce officiellement la formation d’une alliance avec les Houthis en mai 2015. Ils se partagent le contrôle de Sanaa. Les tensions sont toutefois vives entre ces deux forces, l’ancien président ayant combattu à plusieurs reprises, dans les années 2000, l’organisation chiite. Fin novembre, des combats éclatent entre ces alliés. Samedi, Ali Abdallah Saleh a proposé à l’Arabie saoudite de « tourner la page », à condition qu’elle lève son blocus sur le Yémen, un geste considéré comme une trahison par les responsables houthis.

Quelle est la situation pour les civils yéménites ?

L’ONU a déclaré à plusieurs reprises que la situation au Yémen constitue la « pire crise humanitaire au monde ». Samedi, l’organisation a appelé la coalition menée par l’Arabie saoudite à lever le blocus des ports yéménites pour permettre les importations, alors que le pays est menacé par « une famine généralisée ». Plus de 20 millions de personnes, dont 11 millions d’enfants, ont besoin d’une aide humanitaire urgente, selon l’ONU. Selon les derniers chiffres de l’Organisation mondiale pour la santé, plus de 960 000 cas de choléra ont été recensés depuis avril, l’épidémie faisant plus de 2 200 morts. Les civils sont aussi menacés par les bombardements et les combats au sol.