6 décembre 2017

Tout s'explique

Discorde sur le statut de Jérusalem

Qu’a annoncé la Maison-Blanche concernant Jérusalem ?

Selon la Maison-Blanche, Donald Trump doit annoncer aujourd’hui, à 13h à Washington (19h en France), que les États-Unis reconnaissent Jérusalem comme la capitale d’Israël. Est également programmée la confirmation, par le président américain, de sa promesse de campagne visant à déménager l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Ce déménagement est déjà prévu par une loi votée en 1995. Depuis, chaque président américain en reporte l’application tous les six mois au nom de la « sécurité nationale des États-Unis », comme la loi l’y autorise, y compris Donald Trump en juin. Selon la Maison-Blanche, le président américain engagera les préparatifs du déménagement, mais signera à nouveau un document actant son report, en attendant le choix d’un lieu et des délais de mise en œuvre.

Quel est le statut actuel de la ville ?

En 1949, Israël avait fait de Jérusalem-Ouest sa capitale, une décision alors contestée par les Nations unies, en raison du statut international de la ville. Aucune ambassade internationale n’y est actuellement établie. Depuis la conquête de la partie est de Jérusalem lors de la guerre des Six Jours en 1967, Israël considère l’intégralité de la ville comme sa capitale, ce qu’il a inscrit dans sa loi fondamentale en 1980, une décision à nouveau contestée par l’ONU. L’Autorité palestinienne revendique également Jérusalem-Est, où est située la vieille ville, comme sa capitale, même si son administration est implantée à Ramallah. L’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’Islam, situé dans la vieille ville, est contrôlée depuis 1967 par le Waqf, une fondation islamique jordanienne.

Pourquoi le projet de décision américain est-il contesté ?

L’annonce de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par les États-Unis a suscité de nombreuses réactions d’inquiétude dans les autres pays, le sort de Jérusalem faisant partie intégrante du processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. Les mises en garde se sont multipliées avant l’annonce officielle de Donald Trump. Lors d’un entretien téléphonique avec le président américain lundi soir, Emmanuel Macron a « exprimé sa préoccupation », selon l’Élysée. La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, a déclaré qu’il fallait « rester concentré sur les efforts pour faire redémarrer le processus de paix et éviter toute action qui saperait ces efforts ». Les chefs d’État iranien, turc et saoudien ont également condamné cette annonce.