12 décembre 2017

Tout s'explique

Un sommet pour encourager la finance verte

En quoi consiste le rassemblement One Planet Summit ?

Sommet international sur le climat organisé par la France, les Nations unies et un groupement de cinq institutions financières, le One Planet Summit se tenait aujourd’hui à Paris. Près de 4 000 personnes ont participé à cette journée, dont des responsables politiques internationaux (chefs d’État, maires de capitale), des banques et des entreprises, ainsi que des ONG. Selon le site internet de l’événement, qui avait lieu deux ans jour pour jour après l’accord de Paris sur le climat, l’objectif est de « trouver de nouveaux moyens de financer l’adaptation de nos modes de vie aux transformations inéluctables, d’accélérer encore la réduction des gaz à effet de serre et d’ancrer les problématiques climat au cœur de la finance ». La Banque mondiale a annoncé aujourd’hui qu’elle mettrait fin à ses investissements dans l’exploration et l’exploitation de pétrole et de gaz après 2019.

Comment se distingue-t-il des conventions climat ?

Le One Planet Summit ne s’inscrit pas dans la lignée des conventions climat, comme la COP23 qui a eu lieu en novembre à Bonn, en Allemagne. L’initiative avait été annoncée par Emmanuel Macron en juillet. Pour lui, les deux événements peuvent parallèlement favoriser la défense du climat. Dans une interview au Monde, il explique que le « système des conférences climat présente un intérêt diplomatique et a le mérite de placer les acteurs gouvernementaux sous tension ». Mais il estime que pour « passer à l’étape d’après », il faut mobiliser « les régions, les villes, les acteurs privés, l’ensemble du secteur financier et public ». Le One Planet Summit s’affiche ainsi comme une étape supplémentaire avant la mise en application de l’accord de Paris sur le climat, en 2020. D’autres événements en marge des COP auront également lieu d’ici cette date, comme un sommet des acteurs non étatiques prévu en Californie en septembre 2018.

Qu’est-ce que la « finance verte » ?

Le One Planet Summit vise en particulier à promouvoir la « finance verte », c’est-à-dire les investissements soutenant des initiatives environnementales, comme les « obligations vertes », qui représentent aujourd’hui 0,1 % du marché des obligations. La première obligation verte a été émise en 2007 par la Banque européenne d’investissement, l’institution financière des États membres de l’UE. Ce type de financement fait cependant l’objet de critiques, notamment de la part de l’association pour la taxation des transactions financières Attac qui dénonce dans un rapport publié vendredi « l’absence de définition claire et précise de ce qu’une obligation verte peut ou ne peut pas financer ». Joint par Brief.me, l’économiste et membre d’Attac Maxime Combes rappelle que certaines ont contribué à la construction d’un aéroport à Mexico ou à la rénovation de raffineries de la multinationale espagnole Repsol.