13 décembre 2017

Tout s'explique

Pas de solution parfaite pour Notre-Dame-des-Landes

Quelles sont les conclusions du rapport concernant l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ?

Six mois après le début de la mission qui leur a été confiée par le gouvernement, l’ancien pilote de ligne Gérard Feldzer, l’ingénieur membre du Conseil économique, social et environnemental Michel Badré et la préfète Anne Boquet, ont rendu ce midi au Premier ministre, Édouard Philippe, le rapport concernant le « projet d’aéroport du Grand Ouest ». Ils y évaluent la construction ou non d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Pour la première fois dans un rapport gouvernemental, une solution alternative est étudiée : le réaménagement de l’aéroport de Nantes-Atlantique. Les auteurs soulignent « l’absence de solution parfaite, chaque option apparaissant marquée par au moins un handicap significatif » : l’environnement et l’étalement urbain pour le projet de Notre-Dame-des-Landes, les nuisances sonores « significatives » pour l’aéroport de Nantes-Atlantique.

Comment la décision va-t-elle être prise ?

Emmanuel Macron a affirmé hier au Monde que le gouvernement prendrait une décision d’ici fin janvier, un horizon confirmé aujourd’hui par Édouard Philippe. D’ici là, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, et la ministre des Transports, Élisabeth Borne, « rencontreront les élus et les parties prenantes », a-t-il précisé. Emmanuel Macron a déclaré hier que les « intérêts climatiques seront évidemment pris en compte », ainsi que « les aspects démocratiques et économiques ». Le rapport préconise, « quelle que soit l’option retenue », un « retour à l’état de droit », c’est-à-dire le démantèlement de la zone d’aménagement différé (ZAD, surnommée « zone à défendre » par les opposants), où sont installés depuis 2009 des militants opposés au projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

À quand remonte le projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes ?

Le projet de construction d’un aéroport international aux alentours de Nantes est envisagé par la préfecture de Loire-Atlantique en 1965. Le site de Notre-Dame-des-Landes, au nord-ouest de Nantes, est retenu comme le site privilégié trois ans plus tard. La zone d’aménagement différé est créée en 1974 en vue d’une ouverture de l’aéroport en 1985. Mais l’opposition au projet, portée dès 1973 principalement par l’Association de défense des exploitants concernés par l’aéroport, créée à l’initiative d’agriculteurs, et les crises pétrolières des années 1970 conduisent l’État à différer ce projet. Celui-ci est réactivé en 2000 par le gouvernement de Lionel Jospin et le projet est reconnu d’utilité publique en 2008. L’État signe deux ans plus tard un contrat avec le groupe de BTP Vinci concernant la construction et l’exploitation du futur aéroport pour une durée de 55 ans.